Les prix du pétrole repartent à la hausse alors que les frappes entre les États-Unis et l’Iran accentuent les tensions
Points clés
- •Le pétrole WTI a atteint $91.05 le baril et le Brent s’est établi à $95.68 dans les premiers échanges asiatiques de mercredi.
- •U.S. Central Command a indiqué avoir frappé des sites de défense aérienne, de radar, maritimes, de minage et de communications en réponse aux attaques iraniennes.
- •Axios a rapporté que les États-Unis avaient touché deux pétroliers iraniens dans le cadre d’une nouvelle politique de représailles “tanker for tanker” dans le détroit d’Hormuz.
- •The American Petroleum Institute a signalé un retrait de 2.6 million barrel des stocks pétroliers américains, ainsi qu’un retrait de 3.1 million barrels de la Strategic Petroleum Reserve.
- •Les opérateurs attendent la publication officielle de l’EIA pour confirmer les chiffres de l’API et évaluer l’impact sur le marché.

Les prix du pétrole ont de nouveau progressé dans les premiers échanges asiatiques de mercredi, alors que les États-Unis et l’Iran ont échangé des frappes dans une forte escalade après un mois de relative accalmie, ajoutant une nouvelle dimension géopolitique à un marché déjà attentif aux signaux de resserrement de l’offre.
Au moment de la rédaction, le pétrole WTI avait atteint $91.05 le baril, en hausse de 0.92% sur la séance, tandis que le Brent gagnait 1.19% pour s’établir à $95.68. Les deux références ont progressé d’environ $5 depuis la reprise des hostilités entre les deux pays.
Le U.S. Central Command (Centcom) a déclaré avoir mené une série de frappes visant des “air defense sites, radar systems, maritime assets and facilities, mine laying capabilities, and communications sites.” Ces frappes ont été menées en réponse aux attaques des IRGC contre le transport maritime commercial dans le détroit d’Hormuz et contre des membres des forces américaines dans la région.
Axios a ensuite rapporté que les États-Unis avaient frappé deux pétroliers iraniens dans le cadre d’une nouvelle politique de “tanker for tanker” dans le détroit. Selon ce rapport, il s’agissait de la première fois que les États-Unis attaquaient des pétroliers iraniens en représailles plutôt que dans le cadre de leur blocus en cours.
Les IRGC ont affirmé avoir attaqué Camp Titin, une installation des U.S. Marine sur le golfe d’Aqaba, en réponse à ce qu’ils ont décrit comme une agression américaine. Les forces armées jordaniennes ont confirmé que leurs systèmes de défense aérienne avaient “dealt with” 13 missiles balistiques tirés depuis le territoire iranien, dont 10 ont été détruits et trois sont tombés dans des zones isolées.
Les IRGC ont également affirmé avoir attaqué des cibles américaines à Bahreïn et au Koweït. Le Koweït a indiqué que ses défenses aériennes étaient “actively engaging with missile and drone threats” provenant de l’Iran, tandis que Bahreïn a affirmé avoir intercepté avec succès des drones iraniens. Les IRGC ont aussi déclaré, via l’IRNA News Agency, avoir abattu un drone MQ-9 appartenant à l’armée américaine. Cette affirmation reste non confirmée.
En réaction à un reportage d’ABC News suggérant que la dernière vague de pression économique et militaire exercée par les États-Unis visait à ramener l’Iran à la table des négociations, le président Trump a publié sur les réseaux sociaux qu’il “couldn’t care less” si l’Iran signe un accord. Il a également demandé : “when are the Iranian people going to rise up and fight?”
Les prix du pétrole ont également trouvé un soutien dans les données sur les stocks. The American Petroleum Institute a signalé un recul de 2.6 million barrel dans les stocks pétroliers américains, tandis que 3.1 million barrels supplémentaires ont été prélevés sur la Strategic Petroleum Reserve afin de soutenir les stocks commerciaux. Les opérateurs suivront de près la publication de mercredi des données de l’EIA pour confirmer ces chiffres, d’autant que les statistiques officielles peuvent soit renforcer, soit atténuer la réaction du marché face au risque d’offre lié aux titres de l’actualité.
Cette dernière escalade pourrait marquer un tournant dans le conflit après un mois de relative accalmie. À mesure que la pression économique s’intensifie, l’Iran semble disposer de peu d’options en dehors d’une nouvelle riposte militaire. Le rial iranien a chuté à un plus bas historique en août, franchissant le seuil psychologiquement important de 2 million rial per dollar, ce qui souligne la tension pesant sur l’économie du pays.
Pour les marchés pétroliers, une nouvelle période de forte volatilité paraît probable, car la perturbation des flux de brut demeure le levier le plus puissant de l’Iran, et le détroit d’Hormuz reste une voie essentielle pour les livraisons mondiales de pétrole.
Par Josh Owens pour Oilprice.com
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