Le prix du pétrole grimpe vers 100 dollars à mesure que s'estompent les espoirs de paix au Moyen-Orient
Points clés
- •Le Brent s'échangeait à 97,66 dollars le baril et le West Texas Intermediate à 93,05 dollars alors que les prix approchaient la barre des 100 dollars.
- •L'Iran a menacé de « guerre économique » et affirmé avoir tiré un nouveau missile avancé sur des navires de guerre américains.
- •La raffinerie saoudienne de Jizan, d'une capacité de 400 000 barils par jour, a de nouveau été attaquée par les forces yéménites.
- •L'Iran a annoncé la création d'un nouveau corridor de navigation dans le détroit d'Ormuz, un point de passage stratégique emprunté par environ un cinquième du pétrole échangé mondialement.
- •Les analystes prévoient que la crise pourrait durer jusqu'en 2027, et les spéculateurs ont accru leurs positions nettes longues sur le Brent.

Le Brent s'est rapproché des 100 dollars le baril alors que les espoirs de paix au Moyen-Orient continuaient de s'amenuiser face aux nouvelles menaces croisées entre les États-Unis et l'Iran.
Au moment de la rédaction, le repère international s'échangeait à 97,66 dollars le baril, contre 93,05 dollars pour le West Texas Intermediate. Cette hausse fait suite à la menace iranienne de « guerre économique » adressée aux États-Unis et à l'annonce par Téhéran du tir d'un nouveau missile avancé sur des navires de guerre américains.
Les prix ont également été soutenus par la dernière attaque contre la raffinerie saoudienne de Jizan, une installation d'une capacité quotidienne de 400 000 barils de brut, fréquemment visée par les forces yéménites.
L'Iran a par ailleurs annoncé lundi la mise en place d'un nouveau corridor de navigation dans le détroit d'Ormuz, laissant entendre que le trafic des tankers dans ce passage deviendrait encore plus compliqué qu'il ne l'est déjà. Le détroit constitue l'un des points de passage pétrolier les plus stratégiques au monde, avec environ un cinquième du pétrole échangé mondialement qui le traverse ; toute perturbation durable y affecte donc les chaînes d'approvisionnement bien au-delà de la région.
« Ces derniers jours, Washington a reçu un avertissement clair de la part des nouveaux missiles iraniens. La guerre économique sera sanctionnée par une zone d'exclusion maritime s'étendant sur l'ensemble du golfe Persique jusqu'au périmètre du blocus. La posture opérationnelle à l'égard des navires et bases américains a été fondamentalement recalibrée », a déclaré le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Mohsen Rezaei, cité par Reuters.
Cet avertissement fait suite à un échange de tirs de missiles contre des navires dans le golfe Persique, qui a renforcé la conviction que la guerre ne s'achèvera pas de sitôt. Les analystes commencent à prévoir une crise qui s'étendrait jusqu'en 2027 et révisent en conséquence leurs prévisions de prix du pétrole.
« Nous n'attendons pas un retour complet aux niveaux de transit d'avant-guerre avant la fin du premier trimestre ou le début du deuxième trimestre 2027 », a indiqué dans une note Daniel Hynes, analyste chez ANZ, cité par Reuters. Les analystes d'ING ont pour leur part observé que les spéculateurs ont accru leurs positions nettes longues sur le brut Brent à mesure que s'évanouissait la perspective d'une paix — un repositionnement qui tend à amplifier les mouvements de prix dans les deux sens.
Par Irina Slav pour Oilprice.com