Les distorsions sont inévitables : Nithin Kamath explique pourquoi la nouvelle adjudication de clôture provoque de fortes fluctuations des actions indiennes
Points clés
- •Le nouveau Closing Auction Session de 20 minutes en Inde a remplacé l’ancien système de prix de clôture basé sur le VWAP, considéré comme vulnérable aux manipulations malgré des prix de fin de journée plus lissés.
- •Nithin Kamath estime que la volatilité observée sous le CAS provient de facteurs structurels comme la répartition inégale de la liquidité et la faible participation institutionnelle sur plus de 5 500 actions cotées au NSE.
- •Le prix de clôture établi pendant le CAS sert de référence de règlement pour les contrats dérivés et est aussi utilisé pour le calcul de la NAV des fonds communs de placement et pour le rééquilibrage des indices.
- •BSE et NSE ont mis en place le CAS sous les directives du SEBI afin d’aligner les pratiques du marché indien sur des normes internationales déjà suivies par des bourses à Londres et à Hong Kong.
- •Les traders d’options et les desks de trading algorithmique ont subi des pertes en raison de la volatilité accrue en fin de séance, ce qui a conduit la communauté des marchés à demander des modifications ou un retour complet au système précédent.

Les distorsions sont inévitables : Nithin Kamath explique pourquoi la nouvelle adjudication de clôture provoque de fortes fluctuations des actions indiennes
Nithin Kamath, cofondateur de Zerodha, a déclaré que les fortes variations de prix observées avec le nouveau Closing Auction Session (CAS) en Inde reflètent des faiblesses structurelles plus profondes des marchés indiens, plutôt qu’un défaut du mécanisme d’adjudication lui-même.
La nouvelle adjudication de clôture de 20 minutes, qui a remplacé l’ancienne méthode de calcul du prix de clôture basée sur le VWAP, a entraîné depuis son introduction des mouvements de prix imprévisibles en fin de séance. Les traders d’options et les desks de trading algorithmique ont signalé des pertes en raison de la volatilité accrue en fin de séance, alimentant des appels croissants au sein de la communauté des traders pour modifier le système ou revenir en arrière.
Les propos de Kamath interviennent alors que le dispositif CAS fait l’objet d’un examen de plus en plus attentif. Cette séance avait été conçue pour produire un prix de clôture plus robuste et plus résistant aux manipulations en concentrant les ordres dans une courte fenêtre d’adjudication à la fin de la journée de négociation. Toutefois, la concentration des ordres d’achat et de vente dans ce laps de temps réduit a, en pratique, amplifié les mouvements de prix — en particulier sur les titres moins liquides —, créant ce que Kamath a décrit comme des distorsions inévitables. Le problème est accentué par la répartition inégale de la liquidité en Inde, sur environ 5 500 actions cotées ou plus rien qu’au NSE, où seule une partie bénéficie d’une participation institutionnelle régulière.
Dans le système précédent, le prix de clôture était déterminé à l’aide du Volume Weighted Average Price (VWAP) sur les 30 dernières minutes de la séance de trading. Cette approche lissait les fluctuations de fin de journée, mais était considérée comme vulnérable aux manipulations. Le CAS a été introduit comme une mesure de réforme destinée à répondre à ces préoccupations.
L’impact a été particulièrement marqué pour les traders de produits dérivés. Comme le prix de clôture sert de référence de règlement pour les contrats à terme et les options sur actions et indices, de brusques mouvements de dernière minute peuvent entraîner d’importantes pertes de mark-to-market pour des positions qui semblaient stables quelques instants avant la clôture. Le prix de clôture est également utilisé pour le calcul de la valeur liquidative (NAV) des fonds communs de placement et pour le rééquilibrage des indices, ce qui signifie que ces distorsions ont des implications au-delà des marchés de produits dérivés. Les stratégies de trading algorithmique, qui reposent souvent sur un comportement prévisible des prix en fin de journée, ont elles aussi été perturbées.
Kamath, qui a fondé Zerodha en 2010 et en a fait le plus grand courtier à bas coût de l’Inde en nombre de clients actifs, a déjà évoqué des problèmes structurels liés à la microstructure des marchés indiens. Ses derniers commentaires suggèrent que les problèmes révélés par la transition vers le CAS renvoient à des défis plus larges liés à la profondeur du marché, à la répartition de la liquidité et à la concentration des participants sur les actions indiennes. La base d’investisseurs particuliers en Inde s’est rapidement élargie ces dernières années, avec une forte hausse des ouvertures de comptes demat, mais une grande partie de cette croissance s’est concentrée sur les dérivés sur indices et sur un ensemble restreint de grandes capitalisations, laissant les segments des moyennes et petites capitalisations relativement peu profonds.
Les bourses indiennes BSE et NSE ont mis en œuvre le CAS dans le cadre des orientations réglementaires de la Securities and Exchange Board of India (SEBI), qui supervise des réformes visant à aligner les pratiques de marché indiennes sur les normes internationales. Plusieurs bourses mondiales, notamment à Londres et à Hong Kong, utilisent déjà des mécanismes d’adjudication de clôture.
Le débat autour du CAS souligne une tension entre l’amélioration de l’intégrité de la découverte des prix et la gestion de la volatilité à court terme, un équilibre que les régulateurs et les acteurs du marché devront traiter à mesure que le système gagnera en maturité.