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Moniepoint met fin à MonieWorld, son service de transfert d’argent au Royaume-Uni, après 14 mois

Auteur: TechNext24·

Points clés

  • Moniepoint va mettre fin à MonieWorld, son service de transfert d’argent pour les Nigérians au Royaume-Uni, après environ 14 mois d’activité.
  • MonieWorld cessera d’accepter des transactions le 15 août 2026 et sera entièrement fermé le 15 septembre 2026.
  • Les utilisateurs sont invités à retirer tous les soldes restants avant la date de fermeture finale.
  • Le service était en concurrence avec des acteurs comme Wise, Remitly, WorldRemit, LemFi et Grey sur le marché des transferts Royaume-Uni–Nigeria.
  • Moniepoint présente cette fermeture comme une décision au niveau du produit, tandis que son activité principale au Nigeria reste solide et que l’entreprise continue d’explorer d’autres opportunités.
Moniepoint met fin à MonieWorld, son service de transfert d’argent au Royaume-Uni, après 14 mois

Moniepoint a annoncé la fermeture de MonieWorld, son service international de transfert d’argent destiné aux Nigérians au Royaume-Uni, seulement 14 mois après le lancement du produit en juin 2025.

Selon le calendrier de fermeture progressive, MonieWorld cessera d’accepter les transactions le 15 août 2026 et sera totalement fermé le 15 septembre 2026. Les utilisateurs sont encouragés à retirer tous les soldes restants avant la date de fermeture finale.

Ce que proposait MonieWorld

MonieWorld avait été conçu pour permettre aux Nigérians vivant au Royaume-Uni d’envoyer de l’argent directement vers des comptes bancaires Moniepoint et des portefeuilles mobiles au Nigeria. Le produit représentait une étape importante pour Moniepoint — une entreprise fondée en 2015 sous le nom de TeamApt, qui développait des infrastructures de paiement pour les entreprises nigérianes avant d’adopter le nom Moniepoint — dans sa volonté de se positionner sur le marché des transferts de fonds, secteur dans lequel le Nigeria reçoit le plus important volume de remises en Afrique, avec des entrées estimées par la Banque mondiale à environ 20 milliards de dollars par an, le Royaume-Uni constituant un corridor particulièrement important.

Le service a toutefois été confronté à une vive concurrence de la part d’acteurs établis sur le marché des transferts Royaume-Uni–Nigeria, notamment Wise, Remitly, WorldRemit, LemFi et Grey. Il convient de noter que LemFi et Grey sont eux aussi des startups fondées en Afrique et conçues spécifiquement pour servir les corridors de la diaspora, ce qui signifie que MonieWorld ne devait pas seulement rivaliser avec des géants mondiaux, mais aussi avec des spécialistes déjà adaptés aux expéditeurs nigérians. Ces concurrents disposent de liens solides avec leurs utilisateurs et proposent des services adaptés que Moniepoint a eu du mal à égaler rapidement. Malgré des objectifs ambitieux, l’environnement concurrentiel a finalement conduit à l’échec de MonieWorld.

Ce que la fermeture signifie pour Moniepoint

La décision de Moniepoint de fermer MonieWorld plutôt que de continuer à investir dans un produit en difficulté montre que l’entreprise privilégie une gestion responsable et des opérations solides, plutôt qu’un signe de détresse. L’entreprise conserve une activité robuste au Nigeria, traitant des millions de transactions chaque jour et servant plus de 10 millions de clients.

Après avoir levé 110 millions de dollars lors de son tour de financement de Série C en 2023, Moniepoint était valorisée à 1 milliard de dollars. Sa banque de microfinance est l’une des institutions financières les plus populaires du Nigeria, en particulier auprès des petites entreprises.

En même temps, la fermeture met en évidence un défi courant pour les entreprises fintech nigérianes qui se développent à l’international : réussir au Nigeria ne garantit pas la capacité à concurrencer ailleurs. Les compétences et les ressources qui permettent à une entreprise de réussir sur son marché domestique peuvent ne pas suffire pour affronter une concurrence établie sur des marchés occidentaux plus réglementés, où les concurrents disposent de davantage d’expérience et de financement.

Le marché des transferts de fonds au Royaume-Uni est particulièrement difficile. Les entreprises doivent investir massivement dans la conformité réglementaire — notamment obtenir l’autorisation de la FCA et respecter les normes de lutte contre le blanchiment d’argent — avant même de pouvoir traiter leur première transaction. En outre, l’acquisition de clients dans un environnement aussi concurrentiel est difficile, surtout lorsque des acteurs établis comme Wise et Remitly commercialisent leurs services depuis des années. Les clients peuvent comparer facilement les prix, ce qui leur permet de changer de service sans difficulté.

La fermeture de MonieWorld ne signifie pas que Moniepoint abandonne totalement ses objectifs internationaux. L’entreprise continue d’explorer des opportunités mondiales, et cette décision montre que le produit lancé au Royaume-Uni n’atteignait pas des performances suffisantes pour justifier un investissement continu à ce stade. Au Nigeria, Moniepoint poursuit aussi sa diversification, ayant récemment acquis Orda Africa pour entrer sur le marché de la restauration au Nigeria — un signal que le retrait du Royaume-Uni relève d’une décision au niveau du produit, et non d’un ralentissement plus large.

Une leçon pour la fintech nigériane

Pour l’ensemble du secteur fintech nigérian, l’expérience de MonieWorld constitue un enseignement important. Développer des services pour les communautés de la diaspora paraît attractif en raison des volumes potentiels élevés et de marges bénéficiaires intéressantes, mais la concurrence est intense. Les entreprises qui ont réussi des corridors comme Royaume-Uni–Nigeria l’ont souvent fait en allant plus vite, en proposant de meilleurs prix ou en intégrant dès le départ les nuances culturelles. MonieWorld n’a pas pu établir assez rapidement cet avantage concurrentiel, ce qui a conduit à sa fermeture. Pour les utilisateurs concernés, l’étape pratique est simple : retirer les soldes avant le 15 septembre 2026 et se tourner vers le marché concurrentiel des prestataires que MonieWorld n’a pas réussi à déloger.

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