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La chronique des matières premières : l’escalade au Moyen-Orient fait monter les prix de l’énergie

Auteur: Hellenic Shipping News·

Points clés

  • Brent est repassé au-dessus de 95 dollars le baril, atteignant son plus haut niveau depuis plus d’un mois à mesure que les tensions dans le Golfe persique s’aggravaient.
  • Les cracks ICE gasoil ont atteint des records, reflétant la tension du marché du diesel et la faiblesse de la reprise des flux de produits raffinés.
  • Les stocks américains de brut ont diminué de 2.6m barils la semaine dernière selon l’API, tandis que les stocks de distillats ont reculé de 300k barils.
  • Les prix du gaz TTF ont atteint leur plus haut niveau depuis 2023, avec des contrats à terme du premier mois au-dessus de EUR75/MWh.
  • Les contrats à terme sur le soja du CBOT ont atteint leur plus haut niveau depuis décembre 2023 après l’octroi par l’EPA de 1.76 billion de crédits de conformité pour 2025 et des inquiétudes liées à la météo dans le Midwest.
La chronique des matières premières : l’escalade au Moyen-Orient fait monter les prix de l’énergie

La chronique des matières premières : l’escalade au Moyen-Orient fait monter les prix de l’énergie

in Oil & Companies News 02/09/2026

Énergie – le crack ICE gasoil atteint de nouveaux records

Brent est repassé au-dessus de $95/bbl, atteignant son plus haut niveau depuis plus d’un mois, alors que les tensions dans le Golfe persique se sont encore aggravées. Après les frappes du week-end, l’Iran a touché deux pétroliers dans la région hier. Les États-Unis ont, de leur côté, mené de nouvelles frappes nocturnes contre des cibles iraniennes, ajoutant une nouvelle prime de risque géopolitique au marché.

Les développements récents ont remis au premier plan les risques pesant sur l’approvisionnement pétrolier régional. Le pétrole a continué de circuler via le détroit d’Ormuz malgré l’impasse entre les États-Unis et l’Iran, mais la hausse des tensions accroît clairement le risque sur ces passages. Le secrétaire américain à l’énergie a indiqué que 17m barils de pétrole avaient transité par le détroit lundi, le volume le plus élevé depuis le début du conflit. En incluant les volumes de contournement, cela suggère que les flux pétroliers du Golfe persique sont supérieurs aux niveaux d’avant-guerre. Toutefois, ces chiffres restent incertains, et les trackers maritimes ont estimé des flux bien plus modestes. Il est plus pertinent d’observer les flux moyens sur des périodes plus longues qu’une seule journée, car ils varient beaucoup d’un jour à l’autre.

L’escalade au Moyen-Orient anéantit également tout espoir de reprise des flux de produits raffinés, laissant les marchés tendus. Cela se voit surtout sur le marché du diesel, où le crack ICE gasoil a atteint hier des records autour de $79/bbl, tandis que le crack du diesel aux États-Unis se négocie bien au-dessus de $100/bbl. Les écarts de calendrier reflètent aussi cette tension aiguë, avec le spread ICE gasoil Sep/Nov en backwardation de $80/t. Compte tenu des perturbations des exportations de diesel en provenance du Moyen-Orient et de la Russie, et en l’absence de signe de reprise imminente, les cracks des distillats moyens devraient rester très élevés et volatils, notamment à l’approche d’une demande saisonnièrement plus forte. Le système mondial de raffinage dispose de peu de marge pour compenser les perturbations actuellement observées.

Les derniers chiffres de l’API montrent que les stocks américains de brut ont diminué de 2.6m barils la semaine dernière. Le tableau est plus contrasté pour les produits raffinés, avec des stocks d’essence en hausse de 300k barils, tandis que les stocks de distillats ont reculé de 300k barils. L’évolution des stocks de distillats fera peu pour apaiser les inquiétudes sur la tension de l’offre. Le rapport de l’EIA, plus suivi par le marché, sera publié aujourd’hui.

Les prix du gaz TTF ont atteint leur plus haut niveau depuis 2023, les contrats à terme du premier mois franchissant EUR75/MWh dans les échanges du matin aujourd’hui. L’escalade dans le Golfe persique repousse tout espoir de reprise des exportations de GNL depuis la région. Cela reste une préoccupation pour l’Europe, compte tenu de niveaux de stockage inférieurs à la normale. Les netbacks du GNL favorisent l’envoi de GNL spot vers l’Europe plutôt que vers l’Asie. Mais à l’approche de l’hiver dans l’hémisphère Nord, la concurrence entre les deux régions devrait s’intensifier, en particulier si le GNL qatari reste largement absent du marché jusqu’à la fin de l’année.

Métaux – l’or recule alors que la hausse du pétrole ravive les inquiétudes sur les taux

Les prix de l’or ont reflué à un plus bas de deux semaines, passant sous $4,300/oz, alors que les tensions croissantes au Moyen-Orient ont fait monter les prix du pétrole. Cela a conduit les marchés à réévaluer les perspectives des taux d’intérêt américains. La hausse des coûts de l’énergie pourrait accentuer les pressions inflationnistes et réduire la marge de manœuvre de la Réserve fédérale à court terme, pesant sur les actifs sans rendement comme l’or.

Ce recul intervient après un fort rallye en août, l’or ayant gagné près de 10% et enregistré sa plus forte hausse mensuelle depuis janvier. La demande de valeurs refuges et les inquiétudes croissantes sur la soutenabilité budgétaire des États-Unis ont continué de soutenir l’intérêt des investisseurs pour l’or et d’autres actifs réels.

Même si des prises de bénéfices à court terme pourraient se poursuivre après la récente progression de l’or, les fondamentaux plus larges restent favorables. Les anticipations de taux plus bas à moyen terme, les achats des banques centrales et un niveau élevé d’incertitude géopolitique devraient offrir un plancher aux prix. Les replis devraient attirer un nouvel intérêt acheteur.

Agriculture – le soja atteint un plus haut de plusieurs années grâce au soutien de la politique sur les biocarburants et aux risques météorologiques

Les contrats à terme sur le soja du CBOT ont grimpé à leur plus haut niveau depuis décembre 2023, soutenus par une décision américaine sur les exemptions liées aux carburants renouvelables plus favorable qu’attendu, qui a amélioré les perspectives de demande de biocarburants. En tant qu’intrant clé du biodiesel, les prix du soja restent très sensibles aux évolutions de la politique sur les carburants renouvelables. L’EPA a accordé 1.76 billion de crédits de conformité pour 2025, le plus important paquet d’exemptions pour les petites raffineries depuis 2017 et bien au-dessus des 990 million initialement projetés. L’agence s’est également engagée à réattribuer intégralement les volumes exemptés de 2025 aux mandats de mélange de 2026 et 2027, préservant ainsi effectivement la demande de biocarburants.

Par ailleurs, un temps chaud et sec dans le Midwest américain devrait limiter le développement des gousses en fin de saison, ce qui suscite des inquiétudes sur les rendements du soja. Ce contexte politique favorable coïncide aussi avec une hausse des achats chinois de soja, renforçant les attentes selon lesquelles Pékin avance dans ses engagements commerciaux avec Washington.

Source: ING