Les nouvelles règles crypto du Kenya pourraient obliger les plateformes à retirer les stablecoins étrangers
Points clés
- •Les plateformes d’échange de cryptomonnaies agréées au Kenya ne peuvent pas lister de stablecoins qui n’ont pas été approuvés par la Central Bank of Kenya et émis par un émetteur agréé.
- •La banque centrale peut ordonner aux intermédiaires agréés au Kenya de restreindre l’accès ou la négociation de stablecoins émis hors du Kenya.
- •Les nouvelles règles pourraient obliger des émetteurs offshore comme Tether et Circle à solliciter l’approbation de la CBK s’ils veulent que leurs jetons restent disponibles sur des plateformes kényanes réglementées.
- •Le marché crypto de détail kényan dépend fortement des stablecoins adossés au dollar pour les paiements, les transferts de fonds, l’épargne et les échanges entre particuliers.
- •Les émetteurs de stablecoins soumis aux règles kényanes doivent détenir un capital libéré de KES 300 million, contre KES 500 million proposés dans le projet de réglementation.

Le Kenya pourrait contraindre les plateformes locales de cryptomonnaies à cesser de proposer des stablecoins émis à l’étranger, comme le USDT de Tether, le USDC de Circle et le USDm de Mento Labs, après que la banque centrale a reçu le pouvoir de restreindre l’accès aux stablecoins offshore, renforçant ainsi la surveillance des jetons adossés au dollar qui dominent le تداول de cryptomonnaies à travers l’Afrique.
Le Kenyan Virtual Asset Service Providers (VASP) Regulations, 2026, publié le 24 juillet, interdit aux plateformes d’échange de cryptomonnaies agréées de proposer tout stablecoin qui n’a pas été approuvé par la Central Bank of Kenya (CBK) et émis par un émetteur de stablecoin agréé.
La nouvelle disposition, ajoutée à la version publiée au journal officiel des règles, pourrait obliger des émetteurs de stablecoins offshore comme Tether et Circle à solliciter l’approbation de la CBK et à passer par des entités kényanes agréées s’ils veulent que leurs jetons restent disponibles sur les plateformes d’échange kényanes réglementées. Elle donne aussi à la banque centrale un contrôle direct pour couper l’accès local aux stablecoins étrangers sans avoir à réglementer les émetteurs offshore eux-mêmes.
« A virtual asset exchange shall not list any stablecoin unless that stablecoin has been approved by the Central Bank of Kenya and is issued by a duly licenced stablecoin issuer », indique la politique.
Un stablecoin est une cryptomonnaie indexée sur la valeur d’une monnaie du monde réel, comme le dollar américain. Les traders kényans utilisent largement des jetons comme USDT et USDC pour transférer des fonds entre plateformes, conserver une exposition au dollar, régler des transactions entre particuliers (P2P) et accéder aux marchés internationaux de cryptoactifs.
Les règles finales vont nettement plus loin que les projets initiaux, qui ne prévoyaient que des pouvoirs généraux permettant aux régulateurs d’interrompre ou de retirer l’émission de stablecoins. La version publiée au journal officiel introduit une restriction beaucoup plus précise visant les jetons émis à l’étranger.
« Where a stablecoin is issued outside Kenya, the Central Bank of Kenya may exercise its powers under this regulation by directing licenced intermediaries operating in Kenya to restrict access to, or trading of, such stablecoin », indique la politique.
Cette décision intervient alors que les régulateurs du monde entier renforcent leur surveillance des stablecoins, en raison de préoccupations liées au soutien des réserves, à la protection des consommateurs, aux flux financiers illicites et au rôle croissant des jetons liés au dollar dans les paiements transfrontaliers. Le cadre Markets in Crypto-Assets (MiCA) de l’Union européenne impose des exigences d’autorisation aux émetteurs de stablecoins. Les régulateurs des États-Unis, de Singapour et de Hong Kong ont également renforcé leur supervision des jetons numériques indexés sur des monnaies fiduciaires.
L’approche du Kenya est notable parce qu’elle cible l’accès au marché plutôt que l’émetteur offshore lui-même. La CBK n’aurait pas besoin d’une compétence directe sur Tether ou Circle pour affecter leur disponibilité au Kenya ; elle pourrait ordonner aux plateformes d’échange locales agréées et aux fournisseurs de portefeuilles de cesser de proposer ces jetons aux utilisateurs kenyans.
Les règles pourraient avoir des implications importantes pour les entreprises crypto locales. La majeure partie de l’activité de trading de détail au Kenya passe par des canaux P2P et par des stablecoins adossés au dollar, souvent préférés aux cryptomonnaies volatiles comme Bitcoin et Ether pour les paiements, les transferts de fonds et l’épargne.
Selon les règles, les émetteurs de stablecoins devront désormais détenir un capital libéré de KES 300 million ($2.3 million), soit une baisse de 40 % par rapport à l’exigence de KES 500 million ($3.85 million) proposée dans le projet de réglementation publié en mars.
Ce seuil de capital plus bas pourrait faciliter l’entrée des entreprises souhaitant émettre des stablecoins dans le cadre réglementaire kényan. Toutefois, les nouvelles règles précisent que l’accès aux stablecoins étrangers au Kenya ne sera plus déterminé uniquement par leur présence sur des blockchains mondiales, mais par le fait que la CBK autorise ou non les intermédiaires locaux agréés à continuer de les proposer aux utilisateurs kenyans.
Les règles kényanes sont disponibles dans le journal officiel et peuvent être consultées here. Pour un contexte sur le cadre de l’UE, voir la page MiCA de l’European Securities and Markets Authority here. TechCabal a déjà publié un article sur les réserves de stablecoins kényans dans les banques locales here.