Le minage de cryptomonnaies en Iran consomme 14 % du déficit électrique national, selon un rapport parlementaire
Points clés
- •Le Centre de recherche du Majlis estime que le minage de cryptomonnaies prélève 930 à 1 200 MW, soit environ 14 % du déficit électrique national pendant les mois d'été et environ 6 % en moyenne annuelle.
- •Le maintien d'opérations de minage à cette échelle nécessite environ 2 milliards de litres de gasoil par an, créant une charge financière estimée à 1,5 milliard de dollars sur le réseau national iranien.
- •L'électricité fortement subventionnée permet de miner du Bitcoin en Iran à environ 1 300 dollars par pièce, contre une moyenne mondiale d'environ 87 000 dollars.
- •Des adresses connectées à des opérations de minage liées à des personnes associées aux CGRI auraient reçu plus de 3 milliards de dollars d'entrées de cryptomonnaies durant la seule année 2025, et le Trésor américain a sanctionné BitBank en Iran en septembre 2026 pour avoir prétendument facilité d'importants transferts de Bitcoin vers les CGRI.
- •Des données de suivi récentes indiquent que la part de l'Iran dans le hashrate mondial du Bitcoin est tombée à environ 0,84 %, contre des estimations antérieures allant de 4,5 % à 10-15 %.

Le bras de recherche parlementaire de l'Iran a chiffré ce que de nombreux observateurs soupçonnaient depuis longtemps : le minage de cryptomonnaies consomme une part significative de l'approvisionnement électrique déjà tendu du pays. Un rapport du Centre de recherche du Majlis estime que les opérations de minage prélèvent entre 930 et 1 200 mégawatts, soit environ 14 % du déficit électrique de l'Iran — l'écart entre ce que le réseau peut fournir et la demande des consommateurs — pendant les mois d'été. Sur l'ensemble de l'année, le minage représente environ 6 % du déficit électrique national.
L'économie derrière les mégawatts
L'analyse du Centre de recherche du Majlis va au-delà de la consommation brute d'électricité pour calculer le coût économique plus large. Le maintien d'opérations de minage à cette échelle nécessite environ 2 milliards de litres de gasoil chaque année, ce qui se traduit par une charge financière d'environ 1,5 milliard de dollars sur le réseau national.
Le gestionnaire public iranien Tavanir avait previously avancé des estimations encore plus élevées, indiquant que 15 à 20 % des déficits électriques du pays sont liés aux opérations de minage de cryptomonnaies. Lors de grandes coupures, le minage illicite pourrait soutirer jusqu'à 2 400 MW au réseau.
Électricité subventionnée et lien avec les CGRI
Les tarifs d'électricité fortement subventionnés maintiennent les coûts de production à un niveau bas : le minage d'un seul Bitcoin en Iran est estimé à environ 1 300 dollars par pièce, contre une moyenne mondiale d'environ 87 000 dollars. Cet écart illustre à quel point le prix de l'électricité est déterminant dans le minage de Bitcoin, où l'énergie constitue le principal coût d'exploitation et où les juridictions disposant d'une énergie bon marché attirent depuis longtemps des fermes à échelle industrielle.
Des rapports antérieurs ont documenté des liens entre les opérations de minage de cryptomonnaies et des personnes affiliées au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). Les adresses connectées à ces opérations auraient reçu plus de 3 milliards de dollars d'entrées de cryptomonnaies durant la seule année 2025. En septembre 2026, le Trésor américain a sanctionné BitBank, en Iran, pour avoir prétendument facilité d'importants transferts de Bitcoin vers les CGRI.
La part de l'Iran dans le hashrate mondial du Bitcoin — la puissance de calcul combinée que les mineurs apportent au traitement et à laisation des transactions Bitcoin — a été une cible mouvante. Les estimations ont fortement varié, de 4,5 % à l'extrémité conservatrice jusqu'à 10 à 15 % selon certaines analyses. Toutefois, des données de suivi plus récentes suggèrent que ce chiffre est tombé à environ 0,84 %.
Un problème d'allocation des ressources
Pour les citoyens iraniens, chaque mégawatt consommé par une ferme de minage — légale ou illicite — est un mégawatt qui ne peut alimenter la climatisation durant des étés où les températures montent à 50 degrés Celsius, ni les hôpitaux et les usines qui dépendent d'un approvisionnement stable.
Le rapport du Centre de recherche du Majlis présente la situation comme un problème d'allocation des ressources, dans lequel les coûts sont supportés de manière disproportionnée par la population ordinaire tandis que les bénéfices vont aux opérateurs bien connectés. Alors que les estimations officielles varient encore largement et que l'empreinte de l'Iran sur le réseau mondial évolue dans le temps, les prochaines données du Centre de recherche du Majlis et de Tavanir seront les chiffres à surveiller.