L’Inde envisage une taxe sur le gaz pour financer un plan de réserves de carburant de 42 milliards de dollars
Points clés
- •Le gouvernement examine un prélèvement de 1,29 roupie par kilogramme sur le GPL et de 1,43 roupie par mètre cube standard sur le gaz naturel.
- •Ces prélèvements devraient rapporter environ 1,5 milliard de dollars par an, dont environ 460 millions de dollars issus du GPL et environ 1 milliard de dollars du gaz naturel.
- •Le plan de réserves sur dix ans ajouterait des stocks dédiés de GNL et de GPL, ainsi que davantage de stockage de brut, de quoi couvrir environ deux mois de demande de pétrole brut et de GNL et environ six semaines de consommation de GPL.
- •La proposition est encore à l’étude dans plusieurs ministères et n’a pas encore reçu l’approbation du cabinet.
- •L’Inde ne dispose actuellement d’aucune réserve stratégique dédiée pour le GNL ou le GPL et possède 5,33 millions de tonnes métriques de stockage stratégique de brut détenu par l’État, avec 6,5 millions de tonnes métriques supplémentaires en construction.

Un jour seulement après la publication de détails sur les projets de l’Inde visant à accroître ses capacités de stockage stratégique de pétrole brut, de nouveaux rapports indiquent que New Delhi envisage un mécanisme de financement qui transférerait une partie du coût d’un programme de réserve stratégique de carburant bien plus vaste, d’un montant de 42 milliards de dollars, vers les consommateurs de gaz.
Selon Business Standard, le gouvernement examine des prélèvements sur la consommation de gaz de pétrole liquéfié (GPL) et de gaz naturel, qui permettraient de lever environ 1,5 milliard de dollars par an pour financer de nouvelles infrastructures de stockage.
La proposition prévoit une taxe de 1,29 roupie ($0,0136) par kilogramme de GPL, qui devrait générer environ 460 millions de dollars par an, ainsi qu’un autre prélèvement de 1,43 roupie par mètre cube standard de gaz naturel, qui rapporterait environ 1 milliard de dollars par an aux niveaux de consommation actuels.
Contrairement au système stratégique de réserve pétrolière existant en Inde, le nouveau plan créerait des stocks d’urgence dédiés pour le gaz naturel liquéfié (GNL) et le GPL, en plus de capacités supplémentaires de stockage de pétrole brut. Le programme, prévu sur une décennie, vise une capacité suffisante pour couvrir environ deux mois de demande de pétrole brut et de GNL, ainsi qu’environ six semaines de consommation de GPL.
Le produit des prélèvements proposés financerait principalement les installations de stockage de GNL et de GPL, tandis que les réserves stratégiques de brut resteraient directement financées par le gouvernement fédéral. La proposition est toujours en discussion entre plusieurs ministères et n’a pas encore reçu l’approbation du cabinet.
Si elle était adoptée, ces taxes augmenteraient d’environ 2% les factures de gaz des ménages, ce qui rendrait la proposition politiquement sensible pour le gouvernement du Premier ministre Narendra Modi. Néanmoins, Modi a déjà fait adopter des réformes des subventions aux carburants et des changements de prix du GPL bien plus importants.
L’Inde estime qu’elle aura besoin, au cours de la prochaine décennie, de 28 millions de tonnes métriques supplémentaires de capacité de stockage de pétrole brut, de 9 millions de tonnes métriques de stockage de GNL et de 4 millions de tonnes métriques de stockage de GPL. Plus de la moitié du coût estimé à 42 milliards de dollars serait consacrée à la construction des infrastructures de stockage, le reste servant à constituer les stocks de carburant.
L’ampleur du plan souligne la manière dont l’Inde cherche à renforcer sa couverture d’urgence en carburant au-delà de son stock tampon actuel limité au pétrole brut, alors qu’elle dépend fortement des importations d’énergie et dispose de réserves dédiées limitées pour les combustibles gazeux. L’Inde dispose actuellement de 5,33 millions de tonnes métriques de capacité de stockage stratégique de brut détenue par l’État, auxquelles s’ajoutent 6,5 millions de tonnes métriques en construction. En revanche, le pays ne dispose d’aucune réserve stratégique dédiée pour le GNL ou le GPL. Ses réserves d’urgence existantes couvrent moins de 10 jours de demande, tandis que le Japon et la Corée du Sud maintiennent environ 100 jours de réserves, selon Reuters.
Par Charles Kennedy pour Oilprice.com