ActualitésMacroDes experts médicaux alertent sur les risques de la politique de dépistage de la testostérone de Hegseth pour la fertilité et les traitements inutiles

Des experts médicaux alertent sur les risques de la politique de dépistage de la testostérone de Hegseth pour la fertilité et les traitements inutiles

Auteur: Rawstory·

Points clés

  • Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a annoncé une politique imposant un dépistage annuel de la testostérone à tous les militaires américains de plus de 30 ans dans le cadre de son initiative « High-T Department of War ».
  • Un juge fédéral a ordonné à l’administration Trump d’expliquer comment cette directive respecte les interdictions existantes concernant les traitements liés aux hormones pour les militaires transgenres.
  • Le Dr Adrian Dobs, de Johns Hopkins, a averti que la thérapie de remplacement de la testostérone peut créer une dépendance et réduire la production de spermatozoïdes chez les hommes.
  • Le Dr Alvin Matsumoto a souligné que les mesures uniques de la testostérone sont souvent peu fiables, car les niveaux hormonaux fluctuent naturellement selon l’heure de la journée et les repas récents.
  • Les recommandations cliniques exigent généralement à la fois des symptômes persistants et des résultats de laboratoire bas à plusieurs reprises pour diagnostiquer un déficit en testostérone, plutôt que de s’appuyer sur une seule valeur de dépistage.
Des experts médicaux alertent sur les risques de la politique de dépistage de la testostérone de Hegseth pour la fertilité et les traitements inutiles

Des experts médicaux expriment leurs préoccupations au sujet de la nouvelle politique annoncée par le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, qui impose un dépistage annuel de la testostérone à tous les militaires américains âgés de plus de 30 ans, un élément central de ce qu’il a appelé l’initiative « High-T Department of War ».

Hegseth a annoncé cette politique la semaine dernière. Depuis, elle fait l’objet d’un examen juridique, un juge fédéral ayant ordonné à l’administration Trump d’expliquer en quoi la directive est conforme aux interdictions existantes visant les traitements liés aux hormones pour les militaires transgenres, selon AP News.

Dans un entretien publié vendredi par The Intercept, deux experts médicaux ont averti que le programme de dépistage pourrait avoir des conséquences sanitaires non intentionnelles pour les militaires de sexe masculin, notamment une baisse de la fertilité et des interventions médicales inutiles.

Le Dr Adrian Dobs, de la Johns Hopkins University School of Medicine, a déclaré à The Intercept que la thérapie de remplacement de la testostérone peut créer une dépendance et réduire la production de spermatozoïdes chez les hommes qui y ont recours.

« Men who take testosterone will have a reduction in their sperm counts, » a déclaré le Dr Dobs.

Le Dr Alvin Matsumoto a averti que le dépistage obligatoire de la testostérone tend à produire des mesures peu fiables, car les niveaux hormonaux fluctuent naturellement en fonction du moment de la journée et des repas récents. Cette variabilité, a-t-il noté, pourrait conduire à orienter des militaires par ailleurs en bonne santé vers une thérapie hormonale dont ils n’ont pas réellement besoin.

Les niveaux de testostérone chez les hommes sont connus pour suivre un rythme diurne, atteignant généralement un pic tôt le matin avant de diminuer au cours de la journée. Les recommandations cliniques standard préconisent généralement de mesurer la testostérone le matin à jeun afin d’obtenir la lecture la plus précise possible. Un test unique réalisé sans contrôler ces variables peut ne pas fournir une image cliniquement fiable du statut hormonal de base d’une personne.

Ces recommandations considèrent aussi généralement le déficit en testostérone comme un diagnostic clinique reposant à la fois sur des symptômes et sur des résultats de laboratoire constamment bas, plutôt que sur une seule valeur de dépistage ponctuelle. Cette distinction est au cœur des préoccupations des experts : une obligation de dépistage annuel à grande échelle pourrait identifier des résultats transitoires ou limites nécessitant un suivi attentif avant toute décision thérapeutique.

Le croisement de cette politique avec les restrictions existantes de l’armée sur les traitements hormonaux pour le personnel transgenre a encore compliqué sa situation juridique. Hegseth a annoncé l’initiative sur les réseaux sociaux, la présentant comme faisant partie d’un effort plus large visant à mettre l’accent sur la préparation physique et sur les normes de « warrior » qu’il dit vouloir promouvoir au sein des forces armées.