Un couple enlevé lors d'une attaque d'extorsion en Bitcoin alors que la violence liée aux cryptomonnaies grimpe en France
Points clés
- •Plusieurs agresseurs ont pénétré dans le domicile vers 4 heures du matin, dans la nuit du 10 au 11 août, et auraient exigé du Bitcoin et d'autres actifs cryptographiques.
- •L'homme a été retrouvé à environ 20 kilomètres de là avec des coupures sur le corps, et la femme a ensuite été localisée dans un véhicule dans un autre département français.
- •Les gendarmes français ont déployé une réponse d'ampleur, contrôlé des véhicules sur les routes voisines et sont retournés dans la propriété pour prélever des empreintes digitales et inspecter les lieux.
- •Deux hommes ont été interpellés après les faits, mais leurs identités, leurs rôles présumés et leur statut de garde à vue n'ont pas été divulgués.
- •Les autorités françaises indiquent que l'affaire est traitée par la juridiction spécialisée de Bordeaux, dans un contexte de hausse plus large de la violence liée aux cryptomonnaies dans le pays.

Un couple a été enlevé de son domicile à Rion-des-Landes, une commune du sud-ouest de la France, dans la nuit du 11 août lors d'une attaque présumée d'extorsion en Bitcoin, alors que la violence liée aux cryptomonnaies continue d'augmenter dans tout le pays.
Selon le rapport, plusieurs agresseurs ont pénétré dans la propriété vers 4 heures du matin, dans la nuit du 10 au 11 août, et ont menacé les deux résidents en exigeant l'accès à leurs avoirs en Bitcoin et en autres cryptomonnaies. Après la confrontation, les agresseurs ont emmené les deux victimes hors du domicile et les ont conduites en des lieux distincts.
L'homme a ensuite été retrouvé à Solférino, à environ 20 kilomètres de là. Il était nu et présentait plusieurs coupures sur le corps lorsque les autorités l'ont localisé. Son état de santé, ainsi que la question de savoir s'il a nécessité une hospitalisation, n'ont pas été communiqués. La femme a été retrouvée à l'intérieur d'un véhicule dans un autre département français. Les autorités n'ont révélé ni son lieu, ni son état, ni la manière dont les enquêteurs sont parvenus à la retrouver.
Les noms, professions et avoirs en cryptomonnaies du couple n'ont pas été divulgués. On ignore également si l'une ou l'autre des victimes travaillait dans le secteur des cryptomonnaies ou avait publiquement évoqué la détention d'actifs numériques.
Réponse de la police et arrestations
Les gendarmes français se sont déployés rapidement après l'enlèvement et ont contrôlé des véhicules sur la route reliant Rion-des-Landes à Lesperon, dans le cadre d'une opération mobilisant un grand nombre de fonctionnaires. Les enquêteurs sont retournés au domicile du couple le lendemain pour prélever des empreintes digitales et examiner la propriété.
Deux hommes ont été interpellés peu après les faits. Leurs identités, leurs âges et leurs rôles présumés n'ont pas été rendus publics, et l'on ignore s'ils demeurent en garde à vue.
Le Parquet national de lutte contre la criminalité organisée de la France a confirmé que l'affaire est traitée par la juridiction spécialisée de Bordeaux. Aucune mise en examen n'a été annoncée publiquement, et les autorités n'ont pas confirmé si des cryptomonnaies ont été transférées ou si des identifiants de portefeuille ont été obtenus lors de l'attaque. L'ampleur du dispositif déployé et le renvoi vers des procureurs spécialisés dans la criminalité organisée illustrent la manière dont les forces de l'ordre françaises se sont réorganisées depuis une vague d'enlèvements liés aux cryptomonnaies très médiatisés en 2025, année durant laquelle les autorités ont créé une unité de police dédiée aux enlèvements liés aux cryptomonnaies et ouvert une ligne d'urgence pour les détenteurs confrontés à des menaces.
La montée de la criminalité liée aux cryptomonnaies en France
L'enlèvement survient dans un contexte de forte hausse de la violence liée aux cryptomonnaies en France. En janvier 2025, des ravisseurs ont enlevé le cofondateur de Ledger, David Balland, et son épouse à leur domicile de Vierzon, ont sectionné l'un des doigts de Balland dans le cadre d'une demande de rançon en cryptomonnaies et ont retenu le couple jusqu'à ce qu'une intervention de police le libère. Quelques mois plus tard, des agresseurs à Paris ont enlevé le père d'un détenteur de cryptomonnaies et lui ont sectionné un doigt avant que la police ne le libère. Le pays a recensé 77 cas de violence liée aux cryptomonnaies en 2026, selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez, contre 45 cas en 2025. Environ 200 personnes ont été interpellées en lien avec ces attaques.
Un rapport de Chainalysis a recensé 30 incidents violents liés aux cryptomonnaies publiquement connus en France sur le seul premier semestre 2026, contre 19 pour l'ensemble de l'année 2025. À l'échelle mondiale, des criminels ont dérobé plus de 30 millions de dollars lors d'attaques physiques au premier semestre 2026. Chainalysis a évalué le taux de réussite de ces attaques à 26 %, en baisse par rapport à 49 % en 2025.
Les intrusions dans les domiciles représentaient 37 % des attaques documentées à la mi-2026, contre 14 % en 2025. En France, plus de 40 % des cas ciblaient un parent ou un proche du détenteur de cryptomonnaies plutôt que le détenteur lui-même. Ce type de criminalité exploite une particularité des actifs détenus en self-custody : contrairement à un virement bancaire, une transaction en cryptomonnaies ne peut être ni gelée ni annulée une fois qu'elle est diffusée, et les fonds sont contrôlés par des clés privées et des phrases seed détenues par des particuliers — une dynamique que les chercheurs en sécurité évoquent pour décrire de tels incidents comme des « attaques à la clé à molette » (« wrench attacks »), où la coercition se substitue au piratage.
Chainalysis a associé ce schéma de ciblage à des fuites de données fiscales et de réseaux sociaux, en pointant un vol présumé de fichiers fiscaux français en 2024 et une faille survenue en janvier sur la plateforme fiscale crypto Waltio, touchant environ 50 000 utilisateurs.
Parmi les questions en suspens dans l'affaire de Rion-des-Landes figurent la question de savoir si des poursuites seront engagées contre les deux hommes interpellés, si les éventuelles cryptomonnaies dérobées pourront être tracées on-chain, et si d'autres arrestations interviendront à mesure que les enquêteurs exploiteront les empreintes digitales et les autres éléments de preuve collectés dans la propriété.
Source : CoinCentral ; publication d'origine sur X : FranceCryptos.