L'Assemblée nationale française adopte la règle de déclaration des cryptos en self-custody dès 100 000 €
Points clés
- •L'Assemblée nationale française a adopté l'amendement I-2701 par 150 voix contre 44, avec huit abstentions, imposant la déclaration des avoirs en cryptomonnaies en self-custody d'une valeur d'au moins 100 000 €.
- •Seuls les avoirs atteignant ou dépassant le seuil de 100 000 € (environ 112 000 $) déclencheraient l'obligation de déclaration ; les soldes en self-custody inférieurs seraient exemptés selon le texte approuvé.
- •Le régime français existant impose les plus-values sur actifs numériques des investisseurs non professionnels à un prélèvement forfaitaire de 30 %, et la simple détention de cryptomonnaies n'est pas un fait imposable.
- •L'amendement cible la self-custody, qui échappe généralement au CARF de l'OCDE et à la directive DAC8 de l'UE, plaçant les obligations de déclaration sur les prestataires de services d'actifs numériques à partir du 1er janvier 2026.
- •Le projet de loi doit encore être examiné par le Sénat avant de devenir loi, et l'amendement n'impose aucune obligation aux contribuables avant sa promulgation.

L'Assemblée nationale française adopte la règle de déclaration des cryptos en self-custody dès 100 000 €
L'Assemblée nationale française a approuvé mardi un amendement de déclaration fiscale qui obligerait les contribuables à déclarer leurs avoirs en cryptomonnaies détenus en self-custody d'une valeur d'au moins 100 000 € (environ 112 000 $).
L'amendement I-2701 a été adopté par 150 voix contre 44 — une majorité de plus de trois contre un — avec huit abstentions, et l'Assemblée a publié le texte de l'amendement, selon COINOTAG, qui a annoncé le vote en premier.
Champ d'application de la proposition
L'amendement cible les actifs numériques détenus en self-custody — c'est-à-dire les portefeuilles dont les clés privées sont contrôlées directement par leur détenteur plutôt que par une plateforme d'échange ou un autre tiers dépositaire. Selon le texte approuvé, les contribuables détenant des cryptomonnaies en self-custody d'une valeur d'au moins 100 000 € devraient déclarer ces avoirs aux autorités fiscales. Les avoirs inférieurs à ce seuil ne seraient pas soumis à l'obligation de déclaration telle qu'approuvée.
Le cadre fiscal français existant pour les cryptomonnaies
Selon les règles en vigueur depuis 2019, les plus-values réalisées par les contribuables non professionnels lors de la cession d'actifs numériques sont soumises au prélèvement forfaitaire unique (PFU) français au taux de 30 % — comprenant 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. La simple détention de cryptomonnaies ne constitue pas en soi un fait générateur d'imposition en France ; l'imposition est déclenchée lorsque les actifs sont convertis en monnaie émise par un État ou utilisés pour acheter des biens et services. Les contribuables français sont également déjà tenus de déclarer les comptes d'actifs numériques ouverts, détenus, utilisés ou clôturés auprès de prestataires établis hors de France, quel que soit le montant détenu. La règle proposée sur la self-custody diffère par sa structure : elle repose sur un seuil et ne s'appliquerait qu'aux avoirs d'au moins 100 000 €.
Contexte international des déclarations
Ce vote intervient alors que les cadres multilatéraux de déclaration fiscale des cryptomonnaies entrent en vigueur. Le Crypto-Asset Reporting Framework (CARF) de l'OCDE et la directive DAC8 de l'Union européenne, applicable depuis le 1er janvier 2026, obligent les prestataires de services d'actifs numériques à collecter et transmettre les informations de leurs clients aux autorités fiscales, les premiers échanges d'informations étant prévus pour 2027. Les avoirs conservés dans des portefeuilles en self-custody échappent généralement au champ de ces obligations de déclaration des prestataires de services ; l'amendement français, tel qu'approuvé, placerait l'obligation de déclaration directement sur les détenteurs au-delà du seuil de 100 000 €.
Procédure législative
L'adoption d'un amendement par l'Assemblée nationale constitue une étape du processus législatif français. Le projet de loi doit encore achever son examen parlementaire, notamment l'examen par le Sénat, avant que ses dispositions puissent être promulguées. Jusqu'à la promulgation, l'amendement n'impose aucune nouvelle obligation aux contribuables ; l'attention se porte désormais sur l'examen du projet de loi par le Sénat.
Cet article a été publié pour la première fois sur COINOTAG : https://en.coinotag.com/french-national-assembly-self-custody-crypto-reporting-100000-euro