Des intrus armés ligotent un couple à Alès et exigent des cryptos, les suspects sont toujours en fuite
Points clés
- •L’attaque a eu lieu vers 5 heures du matin samedi dans un quartier résidentiel au-dessus d’Alès, dans le sud de la France.
- •Deux assaillants cagoulés, l’un armé d’un pistolet et l’autre d’un couteau, ont maintenu le couple sous la menace pendant plus de deux heures.
- •La police est arrivée après que des voisins ont entendu les victimes crier, et les agresseurs ont pris la fuite sans être arrêtés.
- •L’affaire a été transmise à la Division de la criminalité organisée et spécialisée à Nîmes.
- •Les autorités françaises ont enregistré des dizaines d’enlèvements, de séquestrations, d’extorsions et de tentatives d’infractions liées aux cryptos cette année, avec environ 200 arrestations dans des affaires connexes.

Deux hommes masqués et armés ont ligoté un couple à l’intérieur de son domicile à Alès, dans le sud de la France, et les ont menacés pendant plus de deux heures dans une tentative de les contraindre à effectuer des transferts de cryptomonnaies.
Les auteurs ont pris la fuite à l’arrivée de la police sur les lieux, et aucun des deux suspects n’a été arrêté. La France a connu cette année une longue série d’attaques violentes visant des détenteurs présumés de crypto, ce qui place l’affaire d’Alès dans un schéma plus large de cambriolages et de tentatives d’extorsion suivis de près par les enquêteurs et les sociétés de sécurité.
Combien de cryptomonnaies le couple attaqué en France détenait-il ?
L’attaque a eu lieu samedi dans un quartier résidentiel des collines au-dessus d’Alès, dans le sud de la France. L’intrusion a commencé vers 5 heures du matin, alors que le couple dormait.
Deux assaillants portant des cagoules et des gants, l’un armé d’un pistolet et l’autre d’un couteau, ont maîtrisé les victimes et les ont maintenues sous la menace pendant plus de deux heures, exigeant que des objets de valeur soient remis via des transactions en cryptomonnaies. Le jeune enfant du couple se trouvait dans la maison pendant toute la durée des faits.
Les cris des victimes ont alerté les voisins, qui ont appelé les policiers du commissariat d’Alès. Les intrus ont pris la fuite à l’arrivée de la police, laissant le couple derrière eux.
L’affaire a été confiée à la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) à Nîmes, anciennement la police judiciaire.
Le couple visé n’aurait pas d’antécédents connus avec la police ni de lien apparent avec le trafic de drogue organisé. Les enquêteurs n’ont pas confirmé que les deux victimes détenaient réellement des actifs numériques, ni en quelle quantité, ce qui souligne une caractéristique récurrente de ces affaires : les attaquants peuvent agir sur la base de suppositions ou de données personnelles volées plutôt que sur des avoirs on-chain vérifiés.
Les auteurs ciblent de plus en plus des personnes identifiées à l’avance à partir de fichiers de données volés et d’années de fuites accumulées.
Les victimes ont déclaré qu’elles ne détiendraient “plus aucun cryptoasset” afin d’éviter de futures attaques.
En France, environ 80 agressions similaires impliquant des séquestrations ou des extorsions liées aux cryptomonnaies ont été enregistrées depuis janvier. En juillet, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a indiqué que la France avait recensé 77 cas d’enlèvement, de séquestration, d’extorsion ou de tentatives d’infractions liées aux cryptos à la fin du mois de juin, contre 45 cas pour l’ensemble de 2025.
Les procureurs de l’unité nationale de lutte contre la criminalité organisée PNACO ont indiqué que 18 cas avaient été enregistrés en 2024, 67 en 2025 et 47 au cours des quatre premiers mois de 2026 seulement. Environ 200 personnes ont été arrêtées après des attaques ou lors d’opérations préventives.
Pourquoi les attaques au wrench sont-elles si fréquentes en France ?
Le rapport H1 2026 de CertiK sur les wrench attacks a placé 33 des 52 cas vérifiés dans le monde en France, soit environ 63,5 % du total mondial, l’Europe représentant 39 cas. Les cambriolages dans son jeu de données sont passés d’un seul cas au premier semestre 2025 à 20 un an plus tard.
Les fuites de données constituent une part majeure de l’explication. Comme l’a rapporté Cryptopolitan en août, un pirate proposait à la vente des dossiers fiscaux concernant plus de 678 000 particuliers et entreprises français, volés à l’administration fiscale, la DGFiP, avec noms, adresses et revenus.
CertiK a également cité le cas d’un agent de la DGFiP accusé d’avoir consulté des profils de détenteurs de cryptos dans un logiciel gouvernemental et d’avoir vendu ces données à des réseaux criminels.
Avant le cambriolage d’Alès, dans la nuit du 23 au 24 août à Jouy-en-Josas, un homme de 47 ans a été retenu pendant environ deux heures par des assaillants qui espéraient, selon les informations, obtenir des millions. Ils seraient finalement repartis avec 3 000 euros.
Plus tôt encore, dans la nuit du 10 au 11 août, des intrus sont entrés dans une maison à Rion-des-Landes, cherchant selon les allégations à accéder à une grande quantité de Bitcoin et d’autres cryptos. La répétition de ces incidents met les autorités françaises sous pression et montre comment l’exposition de données personnelles peut transformer la détention d’actifs en ligne en risque de sécurité hors ligne.