Ancienne « tradwife » MAGA, elle raconte sa sortie de la « psychose religieuse »
Points clés
- •Stephania Messina faisait partie du mouvement « tradwife », une sous-culture des réseaux sociaux qui valorise le foyer et la soumission au mari, enracinée dans le christianisme évangélique.
- •Elle croyait que Dieu pourvoirait financièrement si elle se soumettait à son mari, et évitait la politique ainsi que les médias indépendants, qu’on lui présentait comme « demonic ».
- •La pandémie a créé un conflit entre son parcours professionnel de thérapeute respiratoire et les déclarations du président et de responsables religieux.
- •La mort de son mari dans un accident de moto, qualifiée de « blessing in disguise » par l’épouse de son pasteur, a provoqué sa rupture finale avec l’Église.
- •Sa « deconstruction » en cours reflète une tendance plus large et documentée d’Américains quittant publiquement des identités évangéliques et MAGA rigides.

Une mère évangélique MAGA du Michigan croyait sincèrement que Dieu pourvoirait aux besoins de sa famille — jusqu’à ce que la crise du pouvoir d’achat frappe.
The International Business Times a mis en avant un entretien avec Stephania Messina, une femme qui a rejoint le mouvement dit des « trad wives », un univers construit sur les réseaux sociaux dans lequel des femmes adoptent des rôles de « femme traditionnelle » tels que tenir le foyer, élever les enfants et soutenir leur mari. Les participantes publient des vidéos qui romantisent la cuisine et l’instruction à domicile. Une grande partie du mouvement s’inspire du christianisme évangélique, et dans le cas de Messina, c’est précisément là que tout a commencé. Ces dernières années, l’esthétique tradwife est devenue une niche importante sur des plateformes comme TikTok et Instagram, avec des comptes suivis par de nombreux abonnés qui présentent la soumission domestique comme une alternative aux normes de carrière féministes — une culture en ligne que des chercheurs et journalistes ont notée comme pouvant brouiller les contenus de style de vie avec l’idéologie religieuse et politique.
Dans un entretien avec The Guardian, Messina a expliqué qu’elle traversait une forte dépression post-partum lorsqu’elle s’est enfoncée de plus en plus dans sa foi. Elle croyait véritablement : « I don't need to work. I don't need to worry about how I'm going to afford these kids, because God's going to figure it out. »
« I took that 100 percent seriously. I was a tradwife, » a-t-elle dit.
Enfant, sa famille fréquentait une église Assemblies of God, qu’elle décrivait comme proche des assemblées pentecôtistes, où elle voyait des fidèles parler en langues. Puis le pasteur a détourné beaucoup d’argent et sa famille a fini par quitter l’église. Lors de son premier vote, elle a choisi le président Barack Obama, avant de se tourner vers l’ancien représentant Ron Paul (R-Texas).
Son raisonnement était que, si elle se soumettait entièrement à l’autorité de son mari, Dieu assurerait sa sécurité financière.
« I don't need to work. I don't need to worry about how I'm going to afford these kids, because God's going to figure it out. If I'm obedient, if I surrender to the leadership of my husband, then God's going to bless me, » a-t-elle déclaré avoir cru à l’époque.
Elle a également commencé à éviter la politique.
« They don't want you knowing about politics. It wasn't my job to vote or to know who to vote for. I was just supposed to submit to my husband and do what he thought was necessary, » a expliqué Messina
Bien qu’elle ait soutenu le président Donald Trump, selon elle cela ne venait pas de lui mais de Dieu. « I never wore a red hat. I never went to a Trump rally. My MAGA was 'Make America Godly Again.' My loyalty wasn't to Trump. My loyalty was to God and the church. »
On lui avait appris à ne même pas regarder les médias indépendants, « because it's demonic. »
« I was so deep in what I can only call a religious psychosis, » dit-elle aujourd’hui.
Il ne s’agit pas d’un diagnostic formel ; c’est plutôt une expression informelle décrivant une rupture avec la réalité à la suite de délires, d’hallucinations ou lorsque des peurs intenses prennent des thèmes religieux ou spirituels, explique l’organisation de santé mentale AMFM .
Pour elle, tout a changé pendant la pandémie. Avant son mode de vie tradwife, elle travaillait comme thérapeute respiratoire. Ainsi, ses années de formation et son expertise, comparées à ce que disaient le président et les responsables de l’Église, entraient en conflit total avec tout ce qu’elle avait connu.
Puis son conjoint est mort dans un accident de moto. L’épouse de son pasteur a qualifié cela de « blessing in disguise » parce que ses enfants ne grandiraient pas avec une influence non chrétienne dans leur vie.
« After that, I was done, » a-t-elle dit.
« I was afraid to speak out because I thought everyone would hate me. But it wasn't until my perspective became more progressive that I felt like my empathy came back, » a-t-elle ajouté, en précisant qu’elle avait commencé à reconstruire sa vision du monde.
« I don't care how long it takes. I will be deconstructing the rest of my life, » a estimé Messina.