Marginal Revolution met en avant l’argument de Fareed Zakaria selon lequel les bouleversements technologiques mettent les démocraties sous pression
Points clés
- •Marginal Revolution a mis en avant la tribune de Fareed Zakaria dans le Washington Post sur la technologie et la stabilité démocratique comme l’un des meilleurs textes d’opinion de l’année.
- •Zakaria observe que les gouvernements démocratiques sont largement impopulaires même dans des pays affichant une croissance économique relativement forte, comme les États-Unis, la France, la Corée du Sud et le Japon.
- •Si les coûts du logement, la stagnation des revenus et les inégalités alimentent la colère publique, Zakaria estime que les facteurs économiques ne suffisent pas à expliquer le mécontentement généralisé des électeurs.
- •Zakaria compare la transformation technologique actuelle à la révolution industrielle de 1880 à 1920, une période qui a bouleversé les sociétés et finalement favorisé l’essor du communisme, du fascisme et de la guerre mondiale.
- •Les chercheurs et les responsables publics surveillent de près la possibilité que l’automatisation rapide et l’adoption de l’intelligence artificielle déstabilisent les institutions démocratiques, même en l’absence de ralentissement économique.

Dans un billet de Marginal Revolution du 26 juillet 2026, le blog d’économie fondé par les professeurs de l’Université George Mason Tyler Cowen et Alex Tabarrok a mis en avant une tribune du Washington Post de Fareed Zakaria, chroniqueur spécialiste des affaires étrangères et animateur sur CNN, la décrivant comme “one of the best Op-Eds you will read this year.” Le billet indiquait que l’essai “deliberately deemphasizes the personal (no one is attacked)” d’une manière susceptible d’attirer moins d’attention, ajoutant : “Better to write the truth!”
L’extrait cité par Marginal Revolution s’interroge sur les raisons pour lesquelles le mécontentement des électeurs s’est propagé alors même que plusieurs économies démocratiques ont affiché des performances relativement solides. Zakaria écrit que “some of it is economic,” en citant le logement coûteux, la stagnation des revenus et l’aggravation des inégalités comme sources de colère publique. Mais il soutient que l’économie n’explique qu’une partie du phénomène.
Selon l’extrait, les États-Unis ont enregistré une croissance plus forte que la plupart des autres économies avancées. Il relève également que la France, sous la présidence d’Emmanuel Macron, a fait baisser le chômage et, selon une analyse d’Ernst & Young, a attiré plus de projets d’investissement étranger que tout autre pays d’Europe pendant sept années consécutives. Zakaria décrit en outre la Corée du Sud comme une réussite économique et affirme que le Japon connaissait un retour en force. Malgré cela, écrit-il, “democratic governments almost everywhere are unpopular.”
L’explication plus générale de Zakaria, telle qu’elle est citée dans le billet, est que les sociétés “living through one of history’s great technological revolutions,” et que de telles transformations “always produce deep anxiety and fear.” Cet argument fait écho à un thème récurrent de la littérature en science politique : une rupture technologique rapide peut déstabiliser les institutions démocratiques même lorsque les indicateurs économiques agrégés s’améliorent, car les bénéfices et les coûts du changement sont répartis de manière inégale entre les communautés et les professions.
L’extrait compare la période actuelle à la transformation technologique survenue approximativement entre 1880 et 1920. L’électricité, le téléphone, les chemins de fer, l’automobile et le cinéma ont changé des industries entières et des modes de vie. Des millions de personnes ont quitté les fermes pour les villes, le commerce mondial a perturbé les économies locales, de nouvelles fortunes sont apparues rapidement et d’anciens métiers ont disparu.
Dans ce contexte de tumulte, écrit Zakaria, la frustration et la colère ont trouvé des canaux politiques : “The left turned to communism, the right to fascism.” Ce qui a suivi, selon l’extrait, ce furent “new mass movements, cultural upheavals and world war.” Le parallèle historique souligne pourquoi les chercheurs et les responsables publics surveillent la possibilité que la vague actuelle d’automatisation et d’adoption de l’intelligence artificielle produise une fragmentation politique comparable, même en l’absence de récession économique déclarée.
Marginal Revolution conclut en invitant les lecteurs à lire l’essai dans son intégralité et présente l’enjeu comme une question de réaction individuelle face à de grandes forces historiques : “You can be a victim of these processes, or keep your wits about you. The choice is yours.”