La hausse de taux de septembre de la BCE pourrait être insuffisante pour freiner l’inflation, selon Simkus
Points clés
- •L’inflation de la zone euro a atteint 3,3 % en août, contre 2,9 % en juillet.
- •La BCE devrait largement relever son taux de la facilité de dépôt de 25 points de base, à 2,50 %, lors de sa réunion du 10 septembre.
- •Le membre du Conseil des gouverneurs de la BCE Gediminas Simkus a déclaré que la hausse attendue ne suffirait pas à ramener l’inflation à 2 %.
- •Les prix de l’énergie ont été le principal moteur de la hausse de l’inflation, tandis que l’inflation sous-jacente est retombée à 2,4 %.
- •Les marchés surveilleront les projections actualisées du personnel de la BCE, susceptibles d’influencer les attentes de nouvelles hausses de taux.

L’inflation de la zone euro est montée à 3,3 % en août, contre 2,9 % en juillet, et l’un des décideurs de la Banque centrale européenne indique déjà que la prochaine décision de la banque centrale ne suffira pas. Gediminas Simkus, membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, a estimé que la hausse de taux largement attendue lors de la réunion du 10 septembre serait insuffisante pour ramener l’inflation vers l’objectif de 2 %.
Le taux de la facilité de dépôt devrait augmenter de 25 points de base pour atteindre 2,50 %, après la hausse à 2,25 % décidée en juin, première augmentation de la BCE depuis près de trois ans. Simkus avait précédemment qualifié cette décision de juin de « too small to close the issue of inflation growth ». Le moment est important, car la BCE tente encore d’équilibrer une nouvelle poussée de l’inflation avec des signes indiquant que les pressions sous-jacentes sur les prix sont moins généralisées que ne le suggère le chiffre global.
Les prix de l’énergie et le facteur iranien
Le principal moteur de la hausse de l’inflation est constitué par les prix de l’énergie, qui progressent régulièrement dans le contexte du conflit en Iran. L’inflation sous-jacente, qui exclut les composantes volatiles des aliments et de l’énergie, a en réalité légèrement reculé à 2,4 % en août, ce qui souligne que la dernière lecture est davantage alimentée par des chocs externes que par une nouvelle accélération de la demande intérieure. Cette distinction devrait rester centrale dans le débat de la BCE, alors que les responsables évaluent dans quelle mesure l’évolution de l’inflation peut être traitée par les taux seuls.
La BCE sur la corde raide
La hausse de taux de septembre est considérée comme quasiment acquise par les économistes et les acteurs de marché. Dans le même temps, la plupart des responsables semblent réticents à signaler d’autres durcissements au-delà de septembre. Les projections du personnel de la BCE, publiées en juin, anticipaient une inflation globale à 3,0 % pour 2026, puis un recul à 2,3 % en 2027 et un retour à l’objectif de 2,0 % en 2028.
Les marchés ne souscrivent pas totalement à ce scénario de normalisation progressive. Les traders intègrent la possibilité de nouvelles hausses de taux au cours de l’année à venir, reflétant l’hypothèse que la situation en Iran ne se résoudra pas rapidement. Pour la BCE, le défi à court terme est qu’une mesure largement attendue comme modeste pourrait malgré tout être perçue comme une réponse seulement partielle si l’inflation tirée par l’énergie reste élevée.
Ce que cela signifie pour les marchés
Les intervenants de marché surveilleront les projections actualisées du personnel de la BCE lors de la réunion de septembre. Si les prévisions d’inflation sont révisées à la hausse par rapport à celles de juin, cela indiquerait que même les modèles internes de la BCE perdent confiance dans une trajectoire de désinflation en douceur. Cela, plus que les déclarations publiques de Simkus, pourrait conduire à une réévaluation des anticipations de taux sur les marchés obligataires européens.