L’EUR/USD conserve un support clé après le statu quo de la BCE sur les taux
Points clés
- •La Banque centrale européenne a laissé à l’unanimité ses trois principaux taux d’intérêt inchangés lors de sa dernière réunion.
- •La présidente Christine Lagarde a souligné que les futures décisions de politique monétaire dépendront entièrement des données économiques à venir, sans engagement pour septembre.
- •L’inflation globale a ralenti à 2.8% en juin, mais la banque centrale s’attend à ce que les chocs énergétiques maintiennent l’inflation au-dessus de son objectif de 2% jusqu’au premier semestre 2027.
- •La BCE voit actuellement peu d’éléments montrant que la hausse des coûts de l’énergie provoque de larges effets de second tour sur les salaires et les prix au sens large.
- •Des sources indiquent que des responsables de la BCE sont prêts à relever les taux d’intérêt lors de leur réunion de septembre.

La Banque centrale européenne a laissé inchangés ses trois principaux taux d’intérêt, comme largement attendu, et la présidente Christine Lagarde a déclaré que les futures décisions de politique monétaire resteraient fermement dépendantes des données à venir. Les indicateurs économiques récents signalent une amélioration modérée de l’activité, tandis que l’inflation sous-jacente semble contenue. Toutefois, les responsables monétaires accordent une attention accrue aux risques d’inflation liés à la hausse des prix de l’énergie et aux tensions géopolitiques persistantes.
La décision de la BCE de maintenir ses taux directeurs inchangés a été prise à l’unanimité. Les données récentes suggèrent que l’activité économique s’est stabilisée dans une certaine mesure, avec une reprise des services et une résilience des secteurs numériques, en particulier des services liés à l’IA.
L’inflation globale a ralenti à 2.8% en juin, mais la BCE s’attend à ce que le récent choc énergétique maintienne l’inflation au-dessus de son objectif de 2% jusqu’au premier semestre 2027. L’inflation devrait ensuite se modérer à mesure que les prix de l’énergie se normaliseront. Les responsables continuent de voir peu d’éléments montrant que la hausse des coûts de l’énergie se diffuse largement aux salaires et aux prix, tandis que la croissance des salaires continue de ralentir, atténuant les inquiétudes concernant une inflation intérieure persistante. Les conditions de financement se sont légèrement durcies depuis la réunion de juin de la BCE.
Le principal message de Lagarde est qu’il n’existe aucune trajectoire prédéfinie pour septembre. La BCE ne fournit pas d’indications prospectives et examinera un volume important de nouvelles données économiques avant sa réunion de septembre. Lagarde a souligné à plusieurs reprises que "the burden of proof is on the data." Pour les marchés des changes, cela maintient l’importance de chaque publication majeure sur l’inflation, les salaires et l’activité, car les anticipations relatives aux taux d’intérêt sont un moteur clé de l’EUR/USD.
La BCE surveille également les effets de second tour liés à la hausse des prix de l’énergie. La banque centrale observe si les coûts de l’énergie commencent à se répercuter sur les salaires et l’inflation au sens large, mais elle ne voit pas actuellement apparaître d’effets de second tour significatifs. L’énergie reste le principal risque cité par les responsables, car des prix plus élevés pendant plus longtemps que prévu pourraient peser sur la croissance tout en poussant aussi l’inflation à la hausse.
L’incertitude géopolitique demeure élevée. Les conflits impliquant le Moyen-Orient et l’Ukraine continuent d’assombrir les perspectives. Lagarde a reconnu les récentes menaces des Houthis, mais a indiqué qu’elles n’avaient pas été intégrées à la décision de politique monétaire du jour. Interrogée sur son propre avenir, Lagarde a plaisanté en disant que "this captain is staying on the ship," indiquant qu’elle n’a pas l’intention de démissionner.
La BCE reste en mode attentiste. Bien que la décision du jour ait été unanime, Lagarde a reconnu que certains responsables avaient discuté de l’opportunité d’envisager une nouvelle hausse des taux. Pour l’instant, le Conseil des gouverneurs estime que l’inflation reste maîtrisable sans resserrement supplémentaire, à condition que les pressions sur les prix liées à l’énergie ne se diffusent pas plus largement dans l’économie. Les données à venir sur l’inflation, les salaires et l’énergie d’ici la réunion de septembre restent donc les principaux facteurs susceptibles de déterminer la prochaine décision de la BCE.
Des sources ont indiqué que des responsables de la BCE sont prêts à relever les taux en septembre.
Le message de la BCE, en particulier les derniers commentaires de sources, ramène l’attention vers les responsables favorables à une politique plus restrictive et soulève une question importante : la banque centrale s’oriente-t-elle vers un schéma resserrement-pause-resserrement, ou la politique restera-t-elle réellement décidée réunion après réunion ? Avec des prix du pétrole élevés et des risques d’inflation de nouveau en hausse, le contexte rend une nouvelle hausse des taux plus facile à justifier.
Cela conduit à la prochaine question fondamentale pour les traders : un resserrement supplémentaire de la BCE soutient-il finalement l’euro, ou ralentit-il suffisamment la croissance pour devenir négatif pour la devise ? L’histoire montre que la réponse n’est pas toujours évidente. Des taux directeurs plus élevés peuvent soutenir une monnaie en améliorant son attrait en termes de rendement, mais ils peuvent aussi devenir un frein si les investisseurs se concentrent davantage sur une croissance plus faible, des conditions de crédit plus strictes ou des alternatives plus sûres.
Pour l’instant, la réaction du marché a été plutôt baissière pour l’EUR/USD. La paire a reculé avant comme après la décision de la BCE, soutenue par des achats généralisés de dollars américains. La baisse est néanmoins restée limitée.
Sur le plan technique, les vendeurs ont poussé la paire au bord d’un niveau de support clé, sans toutefois parvenir à le franchir. Le point bas du 26 juin à 1.13616 a tenu, le plus bas du jour atteignant 1.13635 avant que les acheteurs n’interviennent et ne déclenchent un rebond.
Ce support demeure le niveau clé pour la paire. Si les vendeurs passent sous 1.13616 et maintiennent le prix sous ce seuil, l’attention se déplacerait vers le plus bas de juin à 1.13238. Un mouvement durable sous ce niveau renforcerait le scénario technique baissier et donnerait davantage de contrôle aux vendeurs.
Une cassure sous 1.13616 pourrait apparaître comme un mouvement décisif au bord du précipice, mais sur le plan technique, elle marquerait le début de la prochaine jambe de baisse. Plus important encore, elle ferait sortir l’EUR/USD du plateau qui limite la baisse depuis le 26 juin et ouvrirait la voie vers les prochains objectifs techniques.
Si le support tient, les traders chercheront à voir le prix repasser au-dessus de 1.13775 et s’y maintenir, alors qu’il évoluerait vers le milieu de la fourchette de négociation comprise entre 1.1362 et 1.1482.