Le Dow, le S&P 500 et le Nasdaq progressent alors que Warsh souligne ses inquiétudes sur l'inflation à Jackson Hole
Points clés
- •Le Dow, le S&P 500 et le Nasdaq ont tous clôturé en hausse vendredi, prolongeant l'avancée de jeudi.
- •Les propos de Warsh à Jackson Hole ont été interprétés comme restrictifs (« hawkish »), car il s'est concentré sur l'inflation et n'a pas écarté une hausse des taux d'intérêt.
- •Selon le CME FedWatch Tool, la probabilité implicite d'une hausse des taux lors de la réunion des 15 et 16 septembre est passée à 55,7 %, contre 35,4 % la veille.
- •Le rendement des bons du Trésor à 2 ans est monté à 4,3 %, tandis que les rendements à 10 ans et à 30 ans ont reculé.
- •La solidité du secteur technologique, portée par Nvidia, a continué de soutenir le marché, alors même que les anticipations de resserrement monétaire s'intensifiaient.

Les marchés actions ont légèrement progressé vendredi, alors que Wall Street digérait le premier discours de Jackson Hole du président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, depuis sa prise de fonction. Ce symposium annuel, organisé par la Federal Reserve Bank of Kansas City dans le Wyoming, constitue depuis longtemps un cadre où les présidents de la Fed signalent des inflexions dans leur réflexion sur la politique monétaire. Les trois principaux indices ont terminé la séance en territoire positif.
Le Dow Jones Industrial Average a gagné environ 0,37 %, le S&P 500 a progressé de 0,49 % et le Nasdaq Composite de 0,57 %, prolongeant l'avancée technologique de jeudi.
Les propos de Warsh ont été centrés sur l'inflation et jugés restrictifs (« hawkish »), le président de la Fed signalant sa crainte que les pressions sur les prix demeurent au-dessus de la cible de la banque centrale. Ses commentaires ont laissé ouverte la possibilité de taux d'intérêt plus élevés. Ce ton s'inscrit dans la réputation que Warsh s'était bâtie comme gouverneur de la Fed de 2006 à 2011, puis comme critique éminent de la politique accommodante après son départ de l'institution.
FED WARSH AT JACKSON HOLE (Summary): On policy:
• He gave no timetable for a rate hike and said the speech should not be viewed as forward guidance or a formal reaction function
• Short-term interest rates remain the Fed’s main policy tool
• A “good majority” at the July… pic.twitter.com/pUZUOUa0Lj — Wall St Engine (@wallstengine) August 28, 2026
Les traders ont rapidement ajusté leurs anticipations. Selon le CME FedWatch Tool, qui convertit les prix des contrats à terme sur les fonds fédéraux en probabilités implicites de décisions de taux, la probabilité d'une hausse des taux lors de la réunion du Federal Open Market Committee des 15 et 16 septembre est passée à 55,7 %, contre 35,4 % la veille. Les chances que les taux restent inchangés jusqu'à la fin de l'année ont reculé à 14,8 %, contre 25,9 % auparavant.
Peter Boockvar, directeur des investissements de One Point BFG Wealth Partners, a estimé que Warsh avait fait un bon travail en exposant son cadre d'orientation des décisions de politique monétaire pour la suite.
Les responsables de la Fed étaient divisés à l'approche de Jackson Hole sur la question d'une éventuelle hausse des taux. Le discours de Warsh n'a pas levé cette incertitude, mais il a donné aux marchés une vision plus claire des paramètres que la Fed surveille.
Les marchés obligataires ont également réagi. Le rendement des bons du Trésor à 2 ans, l'une des échéances les plus sensibles aux anticipations sur le taux des fonds fédéraux, est monté à 4,3 %, tandis que le rendement à 10 ans reculait à 4,67 % et celui à 30 ans tombait à 5,16 %. Plus tôt dans le mois, les rendements des échéances longues avaient atteint des plus hauts pluriannuels, sous l'effet des inquiétudes liées à l'inflation et à l'ampleur de la dette nationale.
Les valeurs technologiques sont restées solides après le rallye de jeudi, porté par Nvidia. Le fabricant de semi-conducteurs a présenté un pronostic long terme optimiste lié à la demande en intelligence artificielle, ce qui a contribué à soutenir la dynamique autour de l'IA. Nvidia est devenu l'une des plus fortes pondérations du S&P 500, ce qui confère à ses prévisions une large influence sur les mouvements de l'indice.
Cette dynamique s'est prolongée vendredi, alors même que les anticipations de hausse des taux se renforçaient — une combinaison notable, car un resserrement monétaire est habituellement considéré comme un frein pour les valeurs de croissance, dont les valorisations reposent fortement sur les bénéfices futurs. Salesforce a également réalisé une forte séance jeudi, signant sa meilleure progression en un jour depuis 2020, après avoir balayé les craintes d'un ralentissement plus large des dépenses logicielles.
Aucune publication de résultats majeure n'était au programme vendredi. L'enquête sur le moral des consommateurs de l'Université du Michigan a été publiée pendant la séance, offrant aux investisseurs un autre indicateur du sentiment des Américains vis-à-vis de l'économie ; ses composantes relatives aux anticipations d'inflation figurent parmi les mesures que suivent les responsables de la Fed pour évaluer les pressions sur les prix.
Les marchés ont terminé la semaine en hausse malgré le regain d'incertitude autour de la trajectoire des taux d'intérêt après le discours de Warsh à Jackson Hole, la réunion du FOMC des 15 et 16 septembre constituant le prochain point de décision attendu dans ce débat.