ActualitésMacroDigital Asset et une fondation liée à Paul Ryan prévoient un pilote sur Canton pour les prestations sociales des États américains

Digital Asset et une fondation liée à Paul Ryan prévoient un pilote sur Canton pour les prestations sociales des États américains

Auteur: CoinWy·

Points clés

  • Digital Asset et l'American Idea Foundation ont annoncé le projet pilote de distribution de prestations RISE sur le Canton Network.
  • Le pilote vise l'administration des prestations sociales au niveau des États américains et est présenté comme un test d'infrastructure destiné au secteur public.
  • Canton est une blockchain à accès autorisé axée sur la confidentialité, développée par Digital Asset, et a déjà été utilisée dans des projets pilotes par des institutions dont Goldman Sachs, BNP Paribas, Cboe, Microsoft et Deloitte.
  • L'annonce n'identifie ni les agences d'État participantes, ni un calendrier de déploiement, ni la manière dont le pilote sera évalué.
  • Le projet vise à tester si une infrastructure blockchain peut répondre aux exigences gouvernementales en matière de distribution confidentielle et auditable de prestations.
Digital Asset et une fondation liée à Paul Ryan prévoient un pilote sur Canton pour les prestations sociales des États américains

Digital Asset et une fondation liée à l'ancien président de la Chambre des représentants Paul Ryan prévoient un projet pilote sur Canton pour la distribution de prestations sociales d'États américains. Le projet doit avant tout être compris comme un test à un stade précoce visant à déterminer si une infrastructure blockchain peut soutenir la distribution de prestations publiques, plutôt que comme un système gouvernemental achevé.

Ce que Digital Asset et la fondation de Paul Ryan prévoient sur Canton

Digital Asset s'est associé à l'American Idea Foundation, l'organisation à but non lucratif de politique publique fondée par Paul Ryan, pour lancer un projet pilote de distribution de prestations reposant sur le Canton Network, selon une annonce conjointe. Le communiqué présente l'initiative sous le nom de projet pilote de distribution de prestations RISE. Ryan a créé la fondation après avoir quitté le Congrès en 2019, et ses travaux portent sur des approches politiques fondées sur des données probantes en matière de pauvreté et sur l'élargissement des opportunités économiques — le même champ de problématiques que celui qu'occupent les programmes de prestations des États.

L'initiative vise l'administration des prestations sociales au niveau des États américains. Elle est présentée comme un test d'infrastructure destiné au secteur public plutôt que comme un lancement de cryptomonnaie grand public, comme l'a rapporté Cointelegraph.

Cette distinction compte aux deux extrémités. Les parties en présence sont une entreprise d'infrastructure blockchain établie et une fondation de politique publique clairement identifiée, et la cible est un processus gouvernemental — la distribution de prestations d'État — plutôt qu'un produit destiné aux particuliers. L'annonce elle-même décrit l'initiative comme un pilote, et non comme un déploiement complet.

Pourquoi Canton occupe le centre du projet pilote

Canton est le réseau blockchain axé sur la confidentialité développé par Digital Asset, l'entreprise à l'origine de l'initiative, selon la salle de presse de l'entreprise. Sa conception met l'accent sur l'accès autorisé et le partage contrôlé des données entre les parties. Digital Asset développe également le langage de contrats intelligents Daml utilisé pour construire des applications sur Canton, et parmi les premiers participants au réseau ont figuré des institutions telles que Goldman Sachs, BNP Paribas, Cboe, Microsoft et Deloitte, qui ont mené sur Canton des projets pilotes portant sur des actifs tokenisés. Ce bilan dans la finance réglementée constitue l'ancrage institutionnel dont dispose le pilote à mesure qu'il s'oriente vers un cas d'usage gouvernemental.

Ces propriétés correspondent aux exigences de l'administration des prestations, un contexte où les dossiers doivent rester confidentiels, où l'accès doit être strictement contrôlé et où les transactions doivent pouvoir être auditées d'une agence à l'autre. Le pilote semble destiné à vérifier si ce modèle résiste aux exigences réelles du secteur public.

Ce cadrage fait écho à une poussée plus large des entreprises réglementées visant à importer des infrastructures de niveau institutionnel dans de nouvelles juridictions, selon un schéma similaire à celui des acteurs réglementés qui ont recherché des approbations formelles avant de se développer. Savoir si Canton répond aux normes gouvernementales est précisément la question à laquelle le pilote est censé répondre, et non une conclusion postulée à l'avance.

Ce que le pilote pourrait signifier, et ce qu'il ne prouve pas encore

Pour ses partisans, un test en conditions réelles lié aux prestations d'État indique que les systèmes blockchain sont évalués pour des processus gouvernementaux concrets plutôt que pour des cas d'usage spéculatifs. La participation d'une fondation de politique publique identifiée et d'une entreprise d'infrastructure établie confère à l'initiative un poids institutionnel.

Ce contexte explique pourquoi les administrateurs continuent d'examiner de nouvelles infrastructures. Les erreurs de paiement et la fraude sont des problèmes de longue date, bien documentés, dans les programmes de prestations américains : le Government Accountability Office des États-Unis a recensé plus de 2 000 milliards de dollars de paiements impropres dans les programmes fédéraux depuis 2003, et la fraude à l'assurance chômage de l'ère pandémique a été estimée à des dizaines de milliards de dollars. La distribution de prestations via la blockchain n'est pas inédite à l'international — le programme Building Blocks du Programme alimentaire mondial des Nations unies utilise depuis 2017 une blockchain à accès autorisé pour fournir une aide aux réfugiés dans des pays dont la Jordanie — mais un pilote de prestations au niveau d'un État américain constitue une frontière plus récente. Rien de cet historique n'établit qu'une blockchain réduirait les erreurs ou la fraude dans les programmes des États ; il ne fait que cadrer le problème auquel le pilote sera confronté lors de son évaluation.

Du côté de la prudence, l'annonce décrit un pilote, et un pilote n'est pas un engagement de déploiement à l'échelle d'un État. L'exécution, les règles de passation des marchés et l'approbation politique restent des questions ouvertes que les informations actuellement divulguées ne tranchent pas, tout comme la question de savoir quelles agences d'État participeront et comment les résultats seront mesurés.

Les éléments disponibles confirment l'existence et l'intention du pilote, mais pas ses résultats ni son calendrier. Les lecteurs qui suivent l'adoption institutionnelle n'obtiendront une lecture plus claire qu'une fois que le pilote aura produit des résultats.