23 des 40 récentes demandes d'agrément bancaire « de novo » à l'OCC concernent les actifs numériques
Points clés
- •Vingt-trois des 40 demandes d'agrément bancaire « de novo » déposées auprès de l'OCC concernent des entreprises d'actifs numériques, soit environ 57 % du pipeline actuel.
- •La création de nouvelles banques est rare aux États-Unis depuis la crise financière de 2008, ce qui rend inhabituel un pipeline de 40 demandes, quel qu'en soit le secteur.
- •Cet intérêt pour les agréments fait suite à la perte en 2023 de principaux partenaires bancaires du secteur crypto : Silvergate s'est liquidée volontairement, Signature Bank a été fermée par les régulateurs de New York et la Réserve fédérale a refusé à Custodia Bank l'adhésion et un compte principal.
- •La loi GENIUS, promulguée en juillet 2025, exige que les émetteurs de stablecoins de paiement soient des entités régulées, offrant aux opérateurs de stablecoins un cadre réglementaire fédéral.
- •Une demande est une requête et non une approbation : les approbations, refus, conditions et orientations officielles de l'OCC sur les actifs numériques révéleront si ces entreprises deviennent de véritables banques supervisées.

Plus de la moitié des demandes les plus récentes visant à créer une toute nouvelle banque américaine concernent désormais les actifs numériques. Sur les 40 demandes d'agrément bancaire « de novo » récemment déposées auprès de l'Office of the Comptroller of the Currency (OCC), 23 émanent d'entreprises du secteur des actifs numériques — soit environ 57 % du total — un signal frappant que les entreprises de cryptomonnaies souhaitent de plus en plus trouver leur place au sein du système bancaire régulé.
Pourquoi la composition des demandes à l'OCC importe
L'Office of the Comptroller of the Currency est le régulateur américain qui délivre les agréments et supervise les banques nationales. Une demande d'agrément « de novo » consiste à solliciter la création d'une nouvelle banque à partir de zéro plutôt que le rachat d'une banque existante.
La création de nouvelles banques est elle-même devenue rare aux États-Unis depuis la crise financière de 2008, seule une petite poignée d'agréments « de novo » ayant été approuvés à l'échelle nationale au cours des années qui ont suivi. Dans ce contexte, un pipeline de 40 demandes, quel qu'en soit le secteur, est inhabituel — et la part des actifs numériques le rend encore plus remarquable.
La répartition rapportée — 23 des 40 demandes touchant aux actifs numériques, soit environ 57 %, selon un communiqué de l'OCC — représente une part considérable pour un seul secteur au sein d'un seul pipeline.
Une précision importante s'impose : une demande n'est pas une approbation. Ces chiffres indiquent ce que révèle la composition des demandes, et non quelles banques ouvriront réellement leurs portes.
Ce que cela révèle des entreprises crypto en quête d'un accès régulé aux services bancaires
Un agrément de banque nationale peut offrir à une entreprise un accès direct aux dépôts régulés, aux paiements, à la garde et au règlement — des infrastructures que de nombreuses entreprises crypto ont longtemps confiées à des partenaires externes.
Les entreprises d'actifs numériques ont été confrontées à des pressions répétées concernant leur accès aux services bancaires, le risque de contrepartie et leur crédibilité réglementaire. Ces pressions ont une histoire concrète : en 2023, Silvergate s'est liquidée volontairement et les régulateurs de New York ont fermé Signature Bank, deux des principaux partenaires bancaires du secteur, tandis que la Réserve fédérale refusait à Custodia Bank, basée dans le Wyoming, à la fois l'adhésion et un compte principal. Ces départs ont laissé aux entreprises crypto moins de partenaires bancaires dédiés.
Des reportages récents ont décrit comment les évolutions de politique façonnent cette nouvelle vague d'intérêt pour les agréments, comme le relate un reportage de Banking Dive sur les déclarations de la direction de l'OCC.
L'implication dans les actifs numériques peut recouvrir de nombreuses réalités dans ce contexte : garde, paiements, opérations de stablecoins ou infrastructure financière plus large. Côté garde, les précédents restent limités — Anchorage Digital a obtenu une charte de trust national de l'OCC en 2021, même si les chartes de trust couvrent la garde et les activités fiduciaires plutôt que l'ensemble des pouvoirs de collecte de dépôts d'une banque nationale. Les émetteurs de stablecoins, quant à eux, travaillent désormais sous un cadre réglementaire fédéral, après que la loi GENIUS, promulguée en juillet 2025, a exigé que les émetteurs de stablecoins de paiement soient des entités régulées. Certains observateurs s'interrogent sur le degré de « ressemblance bancaire » réel de ces entreprises — une tension explorée dans une analyse de CryptoSlate sur les banques crypto.
Vue d'ensemble : demander un agrément traduit un mouvement des marges de la finance vers le cadre bancaire traditionnel. C'est une voie plus difficile et plus lente que de rester purement crypto-native, ce qui explique pourquoi ce volume attire l'attention.
Cette tendance s'inscrit également dans un schéma plus large de gouvernements définissant la place de la crypto dans le système financier, du plancher de capital proposé par le Nigeria pour les plateformes extraterritoriales aux nouvelles règles fiscales crypto au niveau des États américains.
Ce qu'il faut surveiller à mesure que ces demandes avancent
Le seul volume des demandes ne détermine ni les taux d'approbation ni les dates de lancement ; un pipeline chargé peut tout de même ne produire que peu de nouvelles banques.
Les signaux qui compteront ensuite sont concrets : approbations, refus, conditions éventuelles attachées à un agrément et orientations officielles de l'OCC sur les services bancaires liés aux actifs numériques. Ces résultats révéleront la réponse réelle du régulateur, et pas seulement le positionnement des entreprises.
Cette distinction compte. La dynamique des demandes montre l'intention du secteur ; l'acceptation réglementaire montre si cette intention se transforme en véritables banques supervisées.
Pour les détenteurs individuels, ce pipeline ne change rien à leurs avoirs actuels aujourd'hui, mais il laisse entrevoir un avenir possible où une plus grande partie de l'activité crypto transiterait par des banques régulées au niveau fédéral. Ce sont les décisions d'approbation de l'OCC — et non le nombre de demandes — qui indiqueront si cet avenir se concrétise.
La même dynamique réglementaire est visible ailleurs, notamment dans les questions posées au Congrès sur la crypto et les ETF.
Avertissement : cet article est fourni à titre purement informatif et ne constitue pas un conseil financier ou en investissement. Les marchés des cryptomonnaies et des actifs numériques comportent des risques importants. Faites toujours vos propres recherches avant de prendre une décision.