ActualitésMacroCORE POWER soumet à la MARAD sa proposition Project Pathfinder pour le premier navire commercial nucléaire battant pavillon américain

CORE POWER soumet à la MARAD sa proposition Project Pathfinder pour le premier navire commercial nucléaire battant pavillon américain

Auteur: Ship & Bunker·

Points clés

  • CORE POWER a déposé le 5 août une réponse de 38 pages à l’appel à informations de la MARAD, proposant un programme nommé Project Pathfinder pour construire et exploiter le premier navire commercial nucléaire battant pavillon américain depuis le retrait du NS Savannah en 1970.
  • L’entreprise recommande un calendrier accéléré de sept ans plutôt qu’une approche axée d’abord sur la gouvernance sur dix ans, à condition que les travaux réglementaires et d’ingénierie avancent en parallèle.
  • CORE POWER identifie les réacteurs à eau légère comme l’option technologique privilégiée à court terme en raison de plusieurs décennies d’expérience opérationnelle, tandis que les systèmes à sels fondus et autres systèmes avancés resteraient évalués séparément.
  • La proposition demande que le premier contrat de navire inclue des options pour au moins deux navires supplémentaires, en opposition au modèle de démonstrateur unique utilisé pour le NS Savannah.
  • Neuf décisions clés sont nécessaires pour faire avancer le projet, notamment la sélection d’un premier service commercial et des ports associés dans un délai de douze mois sur une route internationale entre les États-Unis et un pays partenaire préparé.
CORE POWER soumet à la MARAD sa proposition Project Pathfinder pour le premier navire commercial nucléaire battant pavillon américain

CORE POWER, un développeur londonien de systèmes d’énergie nucléaire pour des applications maritimes, a soumis une réponse de 38 pages à la demande d’informations de l’US Maritime Administration (MARAD) sur le déploiement de petits réacteurs modulaires (SMR) dans le système de transport maritime. La réponse, déposée le 5 août, présente un programme proposé que l’entreprise appelle Project Pathfinder.

Selon CORE POWER, Project Pathfinder serait un « programme à durée limitée, soutenu par le gouvernement fédéral et dirigé commercialement, visant à concevoir, construire et mettre en service régulière un navire commercial nucléaire battant pavillon américain ». S’il était réalisé, il s’agirait du premier navire commercial nucléaire battant pavillon américain depuis le NS Savannah, un navire-cargo de démonstration lancé en 1959 et retiré du service actif en 1970, qui n’a jamais atteint la viabilité commerciale. La proposition intervient alors que le secteur maritime fait face à une pression croissante pour se décarboner, l’Organisation maritime internationale ayant adopté en 2023 une stratégie révisée visant des émissions nettes nulles de gaz à effet de serre pour le transport maritime საერთაშორისო d’ici 2050 environ.

L’appel à informations de MARAD publié en mai présentait deux calendriers possibles de déploiement. CORE POWER recommande la voie accélérée sur sept ans plutôt que l’alternative axée d’abord sur la gouvernance sur dix ans, à condition que les travaux de gouvernance et d’ingénierie progressent en parallèle. Selon l’entreprise, la rapidité doit venir de décisions prises tôt, d’une conception stable et d’infrastructures préfinancées — et non du report des questions essentielles de responsabilité, de planification des urgences, de combustible, de main-d’œuvre ou de démantèlement. Le cadre réglementaire maritime nucléaire reste complexe, aucun dispositif américain établi n’existant encore pour l’octroi de licences et l’exploitation de navires commerciaux civils à propulsion nucléaire, ce qui rend les travaux parallèles de gouvernance et d’ingénierie particulièrement ambitieux.

La réponse identifie neuf décisions clés nécessaires pour passer du concept au déploiement. Elles comprennent la sélection, dans un délai de douze mois, d’un premier service commercial et des ports associés, avec une première route internationale entre les États-Unis et un pays partenaire préparé.

Concernant la technologie des réacteurs, CORE POWER considère les réacteurs à eau légère, bien connus, comme la principale option à court terme, tandis que les systèmes à sels fondus et d’autres systèmes avancés continueraient d’être évalués au moyen de jalons de preuve parallèles. Les réacteurs à eau légère bénéficient de plusieurs décennies d’expérience opérationnelle dans les navires militaires et les centrales terrestres, même si leur adaptation à un usage maritime commercial nécessiterait encore de nouvelles autorisations réglementaires et des accords d’accès aux ports.

L’entreprise soutient par ailleurs que le premier contrat de navire devrait inclure des options fermes ou tarifées pour au moins deux navires supplémentaires, créant ainsi un carnet de commandes plutôt qu’un démonstrateur isolé. Cette approche contraste directement avec le modèle du NS Savannah, qui a fonctionné comme un démonstrateur unique sans flotte de suivi.

Parmi les autres recommandations figurent la création d’un chantier naval américain dédié au cycle de vie d’un navire nucléaire en parallèle du programme du navire, le règlement des questions de responsabilité et d’assurance avant le début de la construction, le recours à des outils de financement fédéraux tels que le Title XI Federal Ship Financing Program, et le lancement du développement des compétences dès la première année.

La société indique que le programme devrait en définitive être évalué sur la base de la disponibilité sûre des navires, du volume de cargaison transporté, de la fiabilité du calendrier et du coût ainsi que du temps nécessaires pour commander le navire suivant.

« La puissance du réacteur et une première traversée réussie sont nécessaires, mais elles ne suffisent pas », conclut la réponse.

Source : Ship & Bunker