Patrick Witt affirme que le CLARITY Act a jusqu’au 15 septembre alors que la pression s’intensifie au Sénat
Points clés
- •Le CLARITY Act créerait le premier cadre statutaire complet précisant si les actifs numériques relèvent de la SEC ou de la CFTC, comblant une lacune réglementaire de longue date.
- •Le chef de la majorité au Sénat, John Thune, a déposé la clôture sur le H.R. 3633 avant la suspension des travaux, avec un vote prévu à maturité le 15 septembre à 14 h 15.
- •Les républicains auraient besoin d’au moins huit voix démocrates pour atteindre le seuil de 60 voix requis pour la clôture, ce qui rend les négociations bipartites essentielles à l’avancement du texte.
- •La Chambre a adopté le projet de loi par 294 voix contre 134 en juillet 2025, avec 216 républicains et 78 démocrates en faveur, ce qui fixe une référence pour mesurer le soutien au Sénat.
- •Même si la clôture réussit le 15 septembre, le Sénat et la Chambre devront encore harmoniser leurs versions du texte avant son envoi au président.

Le conseiller crypto de la Maison Blanche, Patrick Witt, a identifié le 15 septembre comme une échéance décisive pour les négociations du Congrès sur le CLARITY Act, une date qui prend désormais une importance procédurale supplémentaire puisqu’elle coïncide avec le prochain test formel du texte au Sénat. Le projet de loi constitue à ce jour l’effort parlementaire le plus important pour combler une lacune réglementaire de longue date : les marchés américains des actifs numériques fonctionnent actuellement sans cadre statutaire complet délimitant la compétence de la SEC et de la CFTC, obligeant les entreprises à composer avec des actions de contrôle qui se chevauchent plutôt qu’avec des règles légales claires.
Le chef de la majorité au Sénat, John Thune, a déposé la clôture sur la motion visant à passer au H.R. 3633 avant le départ des parlementaires pour la longue suspension des travaux, donnant au texte un calendrier défini. Le Sénat doit reprendre le 14 septembre, la motion de clôture arrivant à maturité à 14 h 15 le lendemain.
Le vote de clôture du 15 septembre devient le prochain test du CLARITY Act
Witt a critiqué le retard avant la suspension des travaux, après des mois de négociations sans vote procédural. Il a imputé la responsabilité au chef de la minorité au Sénat, Chuck Schumer, ainsi qu’à des démocrates pro-crypto non nommés, qu’il accuse d’avoir cherché du temps de négociation supplémentaire au lieu de laisser avancer la procédure.
Dans un message publié sur X le 8 août 2026, Witt a écrit :
Congress has been working on crypto market structure legislation for years at this point. The Senate alone has been actively negotiating the Clarity Act since last summer. But this past week, Chuck Schumer and the "pro-crypto Democrats" pulled out all the stops to block a mere…
— Patrick Witt (@patrickjwitt) August 8, 2026 Source
Witt a soutenu que les négociations sur la structure du marché se prolongent déjà depuis des années et a averti qu’un échec à parvenir à un accord d’ici le 15 septembre pourrait fermer de fait la fenêtre législative actuelle. Si la motion de clôture n’atteint pas 60 voix, le Sénat devrait soit négocier un accord de consentement unanime pour examiner le projet de loi, soit déposer une nouvelle demande de clôture, ce qui consommerait davantage de temps de séance dans un calendrier législatif déjà chargé.
Malgré cet avertissement, le CLARITY Act reste actif au Sénat plutôt que bloqué indéfiniment. Le dépôt de la clôture par Thune a créé un test formel permettant de déterminer si les élus peuvent réunir un soutien suffisant pour commencer l’examen du texte.
Le vote du 15 septembre déterminera donc si le Sénat peut engager le débat sur le H.R. 3633. Comme la clôture exige 60 voix, les républicains ne peuvent pas faire avancer le texte seuls par une résistance procédurale. En supposant que chaque républicain votant soutienne la motion, il faudrait encore au moins huit voix démocrates. Cette arithmétique maintient les négociations bipartites au cœur de la trajectoire du texte.
En outre, la décision de Thune de déposer la clôture avant la suspension des travaux montre que les responsables républicains entendent toujours vérifier si une coalition de 60 voix peut être constituée une fois les sénateurs revenus à Washington. Si la clôture est invoquée, le règlement du Sénat limiterait le débat post-clôture à 30 heures, restreignant la fenêtre pour les amendements avant un vote final.
Les désaccords sur l’éthique et les stablecoins compliquent l’accord au Sénat
Le désaccord central dépasse toutefois la seule question de savoir si les actifs numériques ont besoin de règles fédérales plus claires. Les sénateurs restent divisés sur la protection des investisseurs, les dispositions éthiques, la politique relative aux stablecoins et les contrôles contre le financement illicite.
Au cœur du débat, le CLARITY Act établirait un cadre plus large pour déterminer si les actifs numériques relèvent de la supervision de la SEC ou de la CFTC. Il introduirait également des obligations de divulgation ciblées et des normes de conduite de marché.
Les républicains de la commission bancaire du Sénat affirment que ce cadre préserverait les pouvoirs anti-fraude tout en établissant des règles pour la finance décentralisée et pour les intermédiaires centralisés d’actifs numériques.
Même ainsi, la version sénatoriale a considérablement évolué au fil des négociations. Tim Scott, Cynthia Lummis et Thom Tillis ont publié une version révisée du texte en mai après des mois de consultations avec de multiples parties prenantes.
Ces discussions ont associé des démocrates, des régulateurs, des banques, des responsables des forces de l’ordre, des groupes de consommateurs et des entreprises de cryptomonnaies. Malgré cet engagement plus large, plusieurs désaccords de fond restent sans solution.
En particulier, les inquiétudes des démocrates se sont intensifiées autour de cinq domaines identifiés le 5 août par le personnel minoritaire de la commission bancaire du Sénat. Il s’agit de la protection des valeurs mobilières, du financement illicite, de la stabilité financière, des garanties pour les consommateurs et de l’éthique.
Parmi ces questions, les dispositions éthiques sont devenues particulièrement sensibles. Les démocrates demandent des restrictions plus strictes sur les entreprises crypto liées à des responsables publics, ce qui ajoute un nouvel obstacle à un accord bipartite.
Parallèlement, les banques et les entreprises de cryptomonnaies restent divisées au sujet des récompenses sur les stablecoins. Leur différend porte sur la question de savoir si des produits de stablecoin rémunérateurs pourraient concurrencer directement les dépôts bancaires traditionnels.
Le vote de 294-134 à la Chambre fixe une référence pour le soutien au Sénat
Malgré ces questions non résolues, le texte avait auparavant obtenu un large soutien bipartite à la Chambre. Le H.R. 3633 a été adopté en juillet 2025 par 294 voix contre 134, avec 216 républicains et 78 démocrates en faveur.
Ce résultat a établi une référence importante pour le Sénat. Les sénateurs doivent toutefois déterminer si une coalition bipartite comparable peut résister à des mois de révisions et à des désaccords persistants sur des dispositions clés.
Même si le Sénat atteint le seuil requis de 60 voix pour la clôture le 15 septembre, le CLARITY Act ne serait pas immédiatement transmis à la Maison Blanche. Le vote permettrait seulement aux élus de progresser vers le débat, les amendements et, à terme, l’adoption finale. De plus, le Sénat ayant substantiellement révisé le texte adopté par la Chambre, les deux chambres devraient encore s’entendre sur une rédaction législative identique avant que le projet de loi puisse être transmis au président.