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Le projet de règles canadien sur les stablecoins plafonnerait les frais de rachat à 1 % et interdirait les rendements

Auteur: CoinWy·

Points clés

  • •Le projet de règles canadien sur les stablecoins limiterait les frais de rachat à un maximum de 1 % du montant reconverti en monnaie fiduciaire.
  • •Les émetteurs seraient interdits de verser tout intérêt ou rendement, direct ou indirect, sur les stablecoins détenus, mais les récompenses transactionnelles comme le cashback resteraient permises.
  • •Le cadre exigerait l'enregistrement auprès de la Banque du Canada et une réserve d'au moins un pour un dans la monnaie de référence, restreinte à des actifs étroits comme les dépôts à vue et la dette gouvernementale à court terme.
  • •Les demandes de rachat n'auraient aucun montant minimum et devraient être traitées sous trois jours ouvrables, avec des sanctions administratives pouvant atteindre 10 millions $ CA pour les violations très graves.
  • •Une consultation publique de 60 jours a débuté avec la publication du 24 octobre 2026, et le gouvernement vise une mise en œuvre à l'automne 2027.
Le projet de règles canadien sur les stablecoins plafonnerait les frais de rachat à 1 % et interdirait les rendements

Le Canada a publié un projet de réglementation des stablecoins qui plafonnerait les frais de rachat à 1 % du montant racheté et interdirait aux émetteurs de verser aux détenteurs tout intérêt ou rendement. Les stablecoins sont des jetons numériques conçus pour maintenir une valeur fixe par rapport à un actif de référence — le plus souvent une monnaie fiduciaire — et sont principalement utilisés comme moyen d'échange et de règlement plutôt que comme investissement. La proposition, publiée dans la Partie I de la Gazette du Canada le 24 octobre 2026, traduit l'intention d'Ottawa de traiter les stablecoins comme des instruments de paiement plutôt que comme des produits d'investissement, et ouvre une consultation publique de 60 jours avant l'entrée en vigueur de toute règle.

Ce que couvre le projet de règles

Le ministère des Finances Canada a publié le projet de Règlement sur les stablecoins comme règles subordonnées dans le cadre de la Loi sur les stablecoins. Ce cadre exige des émetteurs qu'ils s'enregistrent auprès de la Banque du Canada — la banque centrale du pays — et qu'ils maintiennent une réserve d'au moins un pour un dans la monnaie de référence. La publication dans la Partie I de la Gazette du Canada est le mécanisme formel par lequel les ministères fédéraux soumettent des projets de réglementation à l'examen public ; une version finale n'est généralement publiée qu'après la clôture de la période de commentaires et l'examen des contributions. Ces mesures sont des projets de consultation et non des règles en vigueur ; les acteurs du secteur et le public disposent de 60 jours à compter du 24 octobre pour soumettre leurs observations.

Le rachat désigne, en pratique, le fait pour un détenteur d'échanger ses stablecoins contre la valeur fiduciaire sous-jacente — telle que des dollars canadiens — à laquelle le jeton se réf. Selon le projet de règles, les émetteurs devraient honorer les demandes de rachat sans imposer de montant minimum, rendant le mécanisme accessible aux petits détenteurs particuliers comme aux institutions.

Le cadre plus large couvre également la composition des réserves, les dépositaires qualifiés, la gouvernance, le traitement des réclamations et la déclaration. Les sanctions administratives pécuniaires proposées atteignent jusqu'à 1 000 000 $ CA pour les violations graves et 10 000 000 $ CA pour les violations très graves, offrant aux régulateurs un véritable levier d'application si les règles sont finalisées. Parallèlement, des exigences américaines de vérification d'identité de type bancaire pour les émetteurs de stablecoins avancent également, signe d'une convergence réglementaire occidentale plus large autour de la protection des consommateurs de stablecoins.

Fonctionnement du plafond de frais de rachat de 1 %

Selon le projet de règles, un émetteur ne pourrait facturer de frais supérieurs à 1 % du montant racheté lorsqu'un détenteur reconvertit ses stablecoins en monnaie fiduciaire. Ce plafond limite le coût maximal sans supprimer les frais ; les émetteurs peuvent toujours facturer en deçà de ce seuil.

À titre d'illustration, un détenteur rachetant l'équivalent de 10 000 $ CA d'un stablecoin en dollars canadiens ne paierait pas plus de 100 $ CA de frais selon le plafond proposé. Pour les montants plus faibles, ce plafond introduirait une prévisibilité des coûts qui n'existe pas actuellement sur le marché non régulé. Les émetteurs devraient également publier leurs frais de manière transparente et donner un préavis d'au moins sept jours sur leur site web avant toute hausse, ajoutant une couche supplémentaire de protection des consommateurs.

Du côté des émetteurs, le plafond pourrait restreindre les revenus tirés des rachats institutionnels de gros volumes. Les émetteurs pourraient chercher à compenser via la gestion du rendement des réserves, bien que l'interdiction des rendements abordée ci-dessous réduise considérablement cette voie. Des groupes industriels ont déjà soulevé des préoccupations similaires de coûts opérationnels dans des dossiers connexes ; les commentaires de l'American Fintech Council sur les règles LBC/LCFT des stablecoins s'opposent de la même manière aux cadres normatifs.

Les rachats devraient également être achevés dans les trois jours ouvrables suivant une demande, sans montant minimum requis. Ce délai reflète les normes de règlement de la banque traditionnelle et donne aux détenteurs une att juridiquement exécutoire d'accès à leurs fonds. Les critiques pourraient faire valoir que les rachats on-chain pourraient être réglés plus rapidement, faisant de ce délai de trois jours un plancher conservateur plutôt qu'une nécessité technologique.

Pourquoi les règles interdiraient les rendements des stablecoins

Le projet interdit explicitement aux émetteurs d'accorder ou de verser, directement ou indirectement, tout intérêt ou rendement lié à la détention d'un stablecoin. Le rendement désigne ici tout gain ou récompense revenant à un détenteur du simple fait de détenir le jeton dans le temps, y compris les dispositifs indirects acheminant les revenus vers les détenteurs via des plateformes tierces.

Cette interdiction trace une ligne nette entre les rendements liés à la détention et les récompenses liées à l'activité. Les récompenses transactionnelles non liées à la détention restent permises, ce qui signifie que les programmes récompensant l'utilisation ou le transfert de stablecoins ne tomberaient pas automatiquement sous le coup des règles. La distinction est déterminante pour la conception des produits : une fonction de cashback liée à l'activité de paiement pourrait survivre, tandis qu'une fonction d'épargne capitalisant selon le solde ne le pourrait pas.

Cette interdiction reflète la vision réglementaire selon laquelle les stablecoins portant intérêt finissent par ressembler à des produits de dépôt ou de valeurs mobilières, tous deux soumis à des obligations distinctes de licence et de protection des investisseurs au Canada. Les régulateurs semblent préférer classer les stablecoins conformes comme des instruments de paiement étroitement définis, les maintenant dans un périmètre précis. Cette approche rejoint la manière dont l'industrie des paiements positionne de plus en plus les stablecoins comme une infrastructure de commerce plutôt que comme des actifs générateurs de rendement.

Pour les émetteurs proposant déjà des produits à rendement, le projet crée un dilemme de conception. Les plateformes commercialisant actuellement des taux d'épargne en stablecoins devraient restructurer ces offres avant l'entrée en vigueur des règles finales, attendue pour l'automne 2027 selon Decrypt. La consultation de 60 jours constitue la principale fenêtre pour que l'industrie conteste ou demande des clarifications sur la portée de l'interdiction, notamment concernant les dispositifs de rendement indirects sans équivalent évident en finance traditionnelle.

Exigences de réserve et calendrier

Selon les règles proposées, les actifs de réserve doivent être libellés dans la monnaie de référence, avec une valeur de marché égale ouérieure aux stablecoins en circulation à la fin de chaque jour ouvrable. Les actifs admissibles incluent les dépôts à vue, la dette gouvernementale à échéance résiduelle de trois mois ou moins, les pensions revendues en un jour qualifiées et les fonds du marché monétaire qualifiés. Cette liste étroite empêche les émetteurs de placer leurs réserves dans des instruments plus rémunérateurs, ce qui limite en retour la justification économique de verser des rendements aux détenteurs, même si l'interdiction était assouplie dans des versions ultérieures.

La consultation se clôt environ 60 jours après le 24 octobre 2026, le gouvernement visant une mise en œuvre à l'automne 2027 si les règles avancent sans modification majeure. Les émetteurs, dépositaires et plateformes de distribution opérant au Canada devront évaluer la compatibilité de leurs structures de produits actuelles avec le cadre proposé bien avant cette échéance.

Avertissement : Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil financier ou d'investissement. Les marchés des cryptomonnaies et des actifs numériques comportent des risques importants. Faites toujours vos propres recherches avant de prendre des décisions.