Le Canada assouplit le traitement des couvertures bancaires à l'entrée en vigueur des nouvelles règles de capital crypto
Points clés
- •Les règles révisées du Canada en matière de capital crypto sont entrées en vigueur le 1er novembre 2026 pour les institutions clôturant au 31 octobre, dont les six plus grandes banques du pays, tandis que les banques clôturant au 31 décembre suivront le 1er janvier 2027.
- •Les positions longues et courtes appariées qualifiées, sur un même crypto-actif et une même échéance, peuvent désormais se compenser entièrement pour le capital au titre du risque de prix, même si elles sont détenues sur différentes bourses réglementées.
- •Les expositions de compensation client sur dérivés qualifiées, lorsqu'une banque s'interpose entre un client et une contrepartie centrale qualifiée, sont exclues du plafond d'exposition de 5 % du Groupe 2, libérant de la capacité plutôt que de réduire le capital détenu.
- •Les expositions au-delà du plafond de 5 % du capital net de catégorie 1 restent soumises à une pondération de risque de 1 250 %, et les crypto-actifs du Groupe 2 demeurent inéligibles comme actifs liquides de haute qualité ou garanties reconnues à des fins de capital.
- •Les révisions favorisent les banques qui intermédièrent les transactions client et gèrent des portefeuilles appariés par rapport à celles détenant des positions directionnelles ; les résultats du premier trimestre fiscal, attendus fin février, devraient révéler si cette nouvelle marge est utilisée.

Les règles révisées du Canada en matière de capital crypto sont entrées en vigueur le 1er novembre 2026 pour les banques clôturant leur exercice fiscal au 31 octobre, modifiant la manière dont certaines couvertures crypto et opérations de compensation client sont prises en compte à des fins réglementaires. Les révisions accordent un allègement de capital pour les positions appariées et retirent les expositions de compensation qualifiées du plafond d'exposition du Groupe 2, tout en maintenant ce plafond et les limites relatives aux garanties.
Le Bureau du surintendant des institutions financières (OSFI) a finalisé ces modifications en septembre. Selon Coindoo, la mise en œuvre est fixée au 1er novembre 2026 pour les institutions clôturant au 31 octobre, dont les six plus grandes banques du Canada. Les banques clôturant au 31 décembre suivront le 1er janvier 2027, malgré l'étiquette 2027 des lignes directrices.
Traitement des couvertures et plafond désormais dissociés
Les révisions touchent deux contraintes distinctes. Le capital est le coussin qu'une banque détient contre les pertes sur une position. La limite d'exposition du Groupe 2 plafonne l'exposition crypto mesurée à 5 % du capital net de catégorie 1 — la couche centrale, absorbant les pertes, du financement d'une banque, que les régulateurs considèrent comme son coussin le plus fiable. Au-delà de ce plafond, toutes les expositions du Groupe 2 reçoivent le traitement le plus sévère du Groupe 2b : une pondération de risque de 1 250 % selon la norme de Bâle suivie par l'OSFI, ce qui se traduit par un capital approximativement égal à l'exposition totale. Les libellés Groupe 2a et Groupe 2b ainsi que ce taux de pénalité proviennent du cadre sur les crypto-actifs du Comité de Bâle sur le contrôle bancaire, que les régulateurs nationaux transposent dans leurs règles nationales pour leurs banques.
Pour les calculs éligibles du risque de prix du Groupe 2a, les bourses réglementées d'actifs financiers traditionnels sont désormais comptées comme une seule bourse. Les positions longues et courtes appariées sur le même crypto-actif et la même échéance peuvent se compenser entièrement, même si elles sont détenues sur des places différentes. Les règles ne suppriment toutefois pas les autres risques, notamment le risque de contrepartie et le risque de base.
À titre d'illustration hypothétique : une banque détient 10 millions de dollars canadiens de contrats à terme longs sur le Bitcoin sur une bourse qualifiée et 10 millions de dollars canadiens de positions courtes sur une autre. Si les deux positions satisfont aux tests du Groupe 2a et correspondent en termes, elles s'annulent pour le capital au titre du risque de prix. Pour le plafond d'exposition, en revanche, la position compte toujours pour 10 millions de dollars canadiens, et non zéro, car l'OSFI mesure chaque crypto-actif selon le total absolu le plus élevé entre long et short — des positions égales ne se compensent pas.
L'allègement de compensation libère de la capacité sous le plafond, pas du capital
La seconde modification exclut du plafond du Groupe 2 les expositions de compensation client sur dérivés qualifiées. Elle s'applique lorsqu'une banque s'interpose entre un client et une contrepartie centrale qualifiée (QCCP) — une chambre de compensation qui s'interpose entre les deux parties d'une transaction — et non à tous les services utilisés par un client crypto. L'OSFI a accordé un allègement du plafond mais a refusé d'étendre l'allègement aux exigences de capital.
Dans un autre cas hypothétique : une banque dispose de 1 milliard de dollars canadiens de capital net de catégorie 1, ce qui porte son plafond de 5 % à 50 millions de dollars canadiens. Si des opérations de compensation qualifiées auraient utilisé 20 millions de dollars de cette enveloppe, leur exclusion libère 20 millions de dollars de marge, soit 40 % du plafond. Il s'agit d'une capacité sous le plafond, et non d'économies — la banque détient toujours du capital contre l'activité de compensation. Cette marge supplémentaire n'a d'importance que lorsque l'activité crypto approche du plafond ; une institution dont les expositions mesurées restent bien en dessous de 5 % ne tire aucune nouvelle capacité de cette exclusion.
L'éligibilité limite ce que les banques peuvent compenser
La conception favorise les banques qui intermédièrent les transactions client et gèrent des portefeuilles appariés par rapport à celles qui prennent des positions directionnelles en crypto. Chaque produit doit toujours passer les tests du Groupe 2a, et différentes cryptomonnaies, échéances ou instruments n'évoluant pas de la même manière ne peuvent être traités comme des positions identiques.
Ces modifications ne marquent pas non plus la première fois que les banques peuvent s'engager dans la crypto ; le document de référence de septembre de l'OSFI souligne que le cadre antérieur ne les en empêchait pas.
Les limites existantes demeurent en vigueur
Le plafond de 5 % n'est pas nouveau : l'OSFI l'a fixé dans une lettre d'octobre 2025, et la ligne directrice finale maintient la pénalité du Groupe 2b en cas de dépassement. Les actifs du Groupe 2 ne peuvent toujours pas compter comme actifs liquides de haute qualité. L'OSFI a également refusé de reconnaître les crypto-actifs du Groupe 2a comme garanties éligibles à des fins de capital, invoquant l'exigibilité, la liquidité et la volatilité en situation de stress. Un meilleur traitement pour une couverture en Bitcoin ne s'étend donc pas à un prêt adossé au Bitcoin.
Le premier trimestre sous le nouveau traitement s'étend de novembre à janvier. Les résultats du premier trimestre fiscal des grandes banques, généralement publiés fin février, pourraient être les premiers à révéler si les activités de compensation et de couverture utilisent cette marge supplémentaire — et si une partie en profite aux prix proposés aux clients.