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Les raffineurs américains font face à une nouvelle tension sur le brut alors que le Canada réduit sa production de sables bitumineux

Auteur: OilPrice.com·

Points clés

  • La maintenance des sables bitumineux au Canada devrait réduire la production de brut de septembre d’environ 300,000 barils par jour.
  • Les raffineurs américains reçoivent normalement environ 4 millions de barils par jour de brut lourd en provenance du Canada, ce qui rend l’arrêt pour maintenance important.
  • Les exportations de brut du Venezuela ont augmenté, mais pas assez pour compenser la baisse attendue de l’offre canadienne.
  • Les marchés mondiaux des carburants restent tendus, et le crack spread du diesel a atteint 100 dollars par baril à la mi-août.
  • Si les conditions d’offre demeurent tendues, des prix plus élevés pourraient freiner la demande et accentuer l’inflation ainsi que le ralentissement de la croissance économique.
Les raffineurs américains font face à une nouvelle tension sur le brut alors que le Canada réduit sa production de sables bitumineux

Les raffineries américaines fonctionnent à plein régime depuis des mois pour compenser la perte d’approvisionnement en carburant en provenance du Moyen-Orient, tandis que les exportations américaines de carburants battent des records. Cette dynamique pourrait être sur le point de changer, et ce n’est pas en raison de la guerre. Le facteur déclencheur est la saison de maintenance des sables bitumineux au Canada.

En septembre, la production canadienne de brut pourrait reculer de 300,000 barils par jour en raison des travaux de maintenance dans les sables bitumineux, a indiqué cette semaine Rystad Energy, selon Bloomberg. Les perturbations saisonnières de ce type sont généralement compensées par des retraits de brut des stocks, mais les inventaires sont eux aussi inférieurs à la normale, à leur niveau le plus bas en 12 mois, selon le rapport.

Les producteurs canadiens envoient normalement environ 4 millions de barils par jour de brut lourd aux raffineurs américains. Le mois prochain, ces volumes seront plus faibles, et l’impact pourrait se faire sentir, car la demande de carburants reste solide malgré une certaine destruction de la demande liée à la hausse des prix. Bloomberg a rapporté que tous les principaux exploitants de sables bitumineux réduiront leur production pour maintenance, et que les opérateurs d’oléoducs ont cessé de rationner l’espace sur leurs réseaux, ce qui montre qu’ils anticipent une baisse de la demande en septembre. Pour les raffineurs américains, le calendrier est important, car le brut lourd canadien est une matière première clé qui aide les unités complexes à fonctionner efficacement, tout en réduisant la flexibilité lorsque l’offre se resserre.

Il n’existe pas de substitut évident au brut canadien, même avec l’augmentation des expéditions en provenance du Venezuela, car cette hausse n’est pas assez rapide. Le Venezuela a exporté 1.16 million de barils de brut par jour le mois dernier, légèrement en dessous des 1.2 million de barils par jour de juin, parce que PDVSA a prélevé moins de brut sur ses stocks, selon un rapport de Reuters publié plus tôt ce mois-ci.

Le fait que le Venezuela puise dans ses inventaires pour répondre à la demande à l’exportation suggère que la production n’a pas encore repris de manière significative. En effet, les exportations de juillet vers la principale destination pétrolière du Venezuela, les États-Unis, ont atteint en moyenne 786,000 barils par jour, leur niveau le plus élevé depuis le début de 2019, contre 284,000 barils par jour en janvier 2026, avant que le gouvernement fédéral américain n’envoie des forces à Caracas pour écarter le président Nicolas Maduro et établir le contrôle américain sur l’industrie pétrolière du pays sud-américain.

Dans l’ensemble, il semble que le redressement de la production pétrolière du Venezuela progresse plus lentement qu’espéré. Les supermajors qui y opéraient autrefois restent prudentes et prennent leur temps pour décider si elles reviendront. Quelques accords ont été signés ces derniers mois avec des prestataires de services et de plus petites compagnies pétrolières américaines, qui paraissent plus enclines à accepter les risques liés à une activité dans le pays, où un environnement politique et fiscal stable pour des opérations à grande échelle n’a pas encore émergé.

Parallèlement, la situation au Moyen-Orient ne s’améliore pas, malgré les affirmations de Washington selon lesquelles le trafic des tankers serait revenu à la normale. Les sociétés de suivi des tankers n’ont pas pu vérifier cette affirmation, selon un récent rapport du Wall Street Journal. Les attaques de drones ukrainiens contre les raffineries russes se poursuivent également, pesant un peu plus sur la production d’essence et de diesel sur place.

L’offre mondiale de carburants reste tendue, en particulier pour le diesel. Cette pénurie a contribué à porter les marges de raffinage à des niveaux records plus tôt ce mois-ci. Le crack spread du diesel a atteint 100 dollars par baril pour la première fois de l’histoire à la mi-août.

Avec 300,000 barils par jour de brut canadien qui doivent sortir du marché en septembre, ce record pourrait encore être battu, juste au moment où la demande de carburants augmente avant la saison de chauffage, période où elle atteint habituellement un pic saisonnier. Si l’équilibre de l’offre de carburants reste fragilisé, une nouvelle destruction de la demande pourrait suivre, en commençant par les marchés les plus vulnérables avant de s’étendre aux marchés plus résilients. Cela aurait à son tour des conséquences sur la croissance économique et l’inflation.

Il ne fait guère de doute que la guerre au Moyen-Orient alimentera une hausse de l’inflation dans le monde entier à mesure qu’elle approche de son septième mois, sans issue en vue et avec une nouvelle escalade, alors que les États-Unis viennent d’élargir leurs sanctions contre l’Iran.

Par Irina Slav pour Oilprice.com

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