ActualitésMacroL'AUATON met en cause l'engagement d'inDrive au Nigeria et exige de meilleurs revenus pour les chauffeurs

L'AUATON met en cause l'engagement d'inDrive au Nigeria et exige de meilleurs revenus pour les chauffeurs

Auteur: TechNext24·

Points clés

  • L'AUATON a rejeté l'engagement à long terme annoncé par inDrive au Nigeria, exigeant des gains concrets en matière de revenus et de bien-être des chauffeurs.
  • Uber a cessé ses activités au Nigeria et en Ouganda à partir du 2 septembre 2026 après plus d'une décennie, laissant Bolt et inDrive comme principales plateformes internationales de VTC au Nigeria.
  • Le syndicat estime que les chauffeurs supportent les coûts de carburant, d'entretien, d'assurance et de dépréciation, tandis que les plateformes contrôlent les tarifs et l'accès aux passagers.
  • inDrive indique prélever environ 10 % de frais de service, parmi les plus bas du marché, et permettre la négociation directe des tarifs entre chauffeurs et passagers.
  • Les pressions d'exploitation sur les chauffeurs nigérians se sont intensifiées depuis la suppression des subventions sur l'essence en 2023 et la dévaluation du naira qui a renchéri pièces et entretien.
L'AUATON met en cause l'engagement d'inDrive au Nigeria et exige de meilleurs revenus pour les chauffeurs

L'Amalgamated Union of App-based Transporters of Nigeria (AUATON) a contesté la déclaration d'inDrive d'un « engagement à long terme au Nigeria », demandant à la plateforme de démontrer cet engagement par des améliorations concrètes des revenus et du bien-être des chauffeurs.

Cette réaction, formulée dans un communiqué écrit par le responsable des relations publiques du syndicat pour l'État de Lagos, le camarade Steven Iwindoye, fait suite à la déclaration d'inDrive à Technext confirmant que la plateforme resterait dans le pays après le départ d'Uber.

Uber a mis fin à ses activités au Nigeria et en Ouganda à partir du 2 septembre 2026, après plus d'une décennie sur le marché, invoquant l'évolution de ses priorités commerciales sur le continent. Ce départ laisse Bolt et inDrive comme principales plateformes internationales de VTC au Nigeria, avec Lagos — la ville la plus peuplée d'Afrique et l'un des plus grands marchés de VTC du continent — au centre de la compétition pour les chauffeurs et les passagers.

La direction nationale de l'AUATON avait déjà attribué ce départ à ce qu'elle décrit comme le modèle exploitant d'Uber, et a averti Bolt et inDrive qu'ils pourraient connaître le même sort sans véritable négociation collective avec les chauffeurs.

Ce que demande l'AUATON

Iwindoye a déclaré dans le communiqué qu'un engagement qui n'améliore pas le bien-être des chauffeurs est « simplement un engagement envers le marché, pas nécessairement envers les gens ».

Il a indiqué que les véritables indicateurs d'un engagement sont des tarifs justes et durables, des revenus améliorés, des commissions transparentes et une représentation réelle des chauffeurs, plutôt que de simples déclarations d'entreprise.

Selon Iwindoye, les chauffeurs supportent la majeure partie du fardeau financier dans le modèle de VTC, payant le carburant, l'entretien, l'assurance et la dépréciation du véhicule, tandis que les plateformes conservent le contrôle des tarifs et de l'accès aux passagers. « Un trajet bon marché pour le passager ne doit pas devenir un trajet de pauvreté pour le chauffeur », a-t-il déclaré. Cette critique survient dans un contexte de pression accrue sur les coûts d'exploitation des chauffeurs nigérians, les prix du carburant ayant fortement augmenté après la suppression des subventions sur l'essence en 2023 et la dévaluation du naira ayant renchéri les pièces importées et l'entretien.

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Un avertissement pour l'industrie

Iwindoye a estimé que le départ d'Uber devrait servir d'avertissement à l'ensemble du secteur, mettant en garde inDrive et Bolt contre l'idée que leur position actuelle sur le marché garantit la loyauté future des chauffeurs.

Il a appelé les plateformes de VTC à dialoguer, écouter et négocier avec les chauffeurs organisés « maintenant », plutôt que d'attendre que l'insatisfaction devienne ingérable. Ce n'est pas la première fois que les autorités nigérianes se penchent sur l'économie des plateformes : l'État de Lagos exige depuis 2020 que les opérateurs de VTC obtiennent des permis d'exploitation et prélève des taxes par trajet, et l'AUATON est un défenseur constant des chauffeurs dans les discussions réglementaires.

Il a également décrit le modèle actuel des plateformes comme s'apparentant à une « exploitation économique moderne ».

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inDrive a indiqué à Technext qu'elle prélève l'une des commissions de service les plus basses du marché, environ 10 %, et laisse le tarif final être convenu directement entre chauffeurs et passagers plutôt que par un algorithme.

L'entreprise opère à Lagos, Abuja, Port Harcourt, Benin City, Ibadan, Owerri et Enugu. Le communiqué d'Iwindoye ne remet pas directement en cause ce modèle tarifaire, mais insiste sur le fait que l'équité doit se refléter dans les revenus des chauffeurs, et pas seulement dans le fonctionnement du service. La décision d'inDrive de formaliser ou non un dialogue avec l'AUATON, et la place des revenus des chauffeurs dans son engagement au Nigeria, devraient déterminer l'évolution de ce différend.

Le syndicat a conclu son communiqué par une question directe à inDrive : « Que fera concrètement votre engagement pour mettre plus d'argent dans les poches des chauffeurs nigérians et leur offrir une vie plus digne ? »